LA
POLITIQUE sans POLITICIENS
Qu’est-ce
que la Politique ?
Que
font les
politiciens ?
Avons
- nous besoin de politiciens?
Est-ce que tout le
monde peut faire ce que font les politiciens ? Le pouvoir
Politique corrompt: est-ce
qu’on peut l’abolir? Comment?
Vous trouverez des
réponses à ces questions dans
"La Politique Sans
Politiciens"
Une
brochure de Dיmocratie Directe
Une brochure de Démocratie Directepar
Aki
Orr (traduit
par
Claude SIMON)
INTRODUCTION
Dans le monde entier, la plupart des gens
ne font plus confiance aux politiciens.
Les scandales politiques, les complots et
la corruption sont monnaie courante dans tous les pays et dans tous les
partis : d’où la méfiance
envers la majorité des politiciens de la part
même de leurs partisans.
Beaucoup de
gens pensent que la politique engendre nécessairement la
corruption (un dicton
bien connu dit " Le pouvoir
corrompt "). Alors
il n’est pas étonnant que les gens se
méfient non seulement des politiciens mais aussi de la
politique
elle-même. Beaucoup
ne vont même pas
voter. Ils ne
pensent pas que les
élections changent quoi que ce soit d’important. L’absence de
vote pour les élus est en fait
une " motion de censure " contre
le règne des élus.
Les gens qui sont
dégoûtés de la duplicité
des politiciens recherchent des politiciens dignes de confiance. Lorsqu’ils en
trouvent, ceux-là aussi les
déçoivent tôt ou tard.
Pas étonnant que
certains préfèreraient avoir un dictateur
à un parlement. D’autres
ne veulent pas de dictateur mais ne
voient pas d’alternative : ils abandonnent et
laissent la
politique aux politiciens. Ce
qui aggrave les choses car ce sont les
politiciens recherchant plus leur pouvoir personnel que
l’intérêt public qui
gèrent la société.
Cette brochure explique comment on peut
gérer la société sans
représentants élus, en votant tous sur des
POLITIQUES et
non sur des politiciens. Lorsque
tous les
citoyens décideront de toutes les politiques, les
politiciens seront superflus
car leur travail est de décider pour les autres. Ils
représentent les autres, et l’autorité
de
représenter les autres confère le " Pouvoir ".
C’est le pouvoir – et non la
politique
– qui
engendre la corruption. L’abolition
du
pouvoir signifie l’abolition de la corruption.
Elle purge la politique de
l’hypocrisie, de la
duplicité et des
conspirations. Lorsque
tous les citoyens
décideront de toutes les politiques, nous aurons une Démocratie Directe (DD).
Dans un tel système, personne ne
représente les autres, personne n’est
payé pour décider des politiques.
Donc
les coûts de la gestion publique diminuent
énormément, mais
l’intérêt des
citoyens dans les affaires publiques augmente.
Aucun système politique ne peut
résoudre
tous les problèmes politiques.
La
croyance dans ce genre de remède miracle est une illusion
dangereuse. Il
n’existe pas de remède de ce type.
L’abolition du pouvoir résoudra un
bon nombre
de problèmes politiques, mais sûrement pas tous. Lorsque tout citoyen peut
proposer, débattre
et voter sur n’importe quelle politique, alors personne
n’a autorité de décider
pour les autres, et donc le pouvoir politique est aboli. Le pouvoir,
c’est comme une drogue.
Ceux qui le prennent une fois, que ce soit au
sein de l’Etat, d’une église,
d’une municipalité, d’une
école ou de la famille,
ne peuvent plus s’en passer.
De nombreux
politiciens ont soif de pouvoir comme une fin en soi, et même
ceux qui
l’utilisent vraiment pour améliorer la
société feront n’importe quoi pour
l’obtenir.
DD abolit le pouvoir politique en
interdisant à quiconque de décider de la
politique pour les autres. Chaque
citoyen possède une voix pour chaque
politique, et ne représente que lui- ou elle-même. Personne ne
représente personne d’autre.
Si une politique a des conséquences
indésirables, alors ceux et celles qui ont voté
pour en sont responsables. Pour
éviter que de telles choses se
reproduisent, les citoyens doivent découvrir ce qui les a
conduit à cette
mauvaise décision et réfléchir sur
leurs motivations. Ceci
permet aux gens de chercher les causes
des problèmes politiques en eux-mêmes (et non chez
les autres ou ailleurs), de
les trouver et de les résoudre.
La
Démocratie Directe peut se résumer
ainsi : Tous les citoyens
décident de toutes les
politiques. Ceci
abolit tout pouvoir
politique car le pouvoir vient de l’autorité de
décider des politiques pour les
autres. Tous les
citoyens ont le droit
de proposer, débattre et voter sur toutes les politiques. La manière dont
ils utilisent – ou non – ce
droit ne dépend que d’eux-mêmes.
sommaire
INTRODUCTION
1.
LA POLITIQUE 2.
LES DECISIONS
NE SONT PAS DES CONCLUSIONS 3.
LES PRIORITES 4.
LES
POLITICIENS 5.
La Société 6.
L’Etat 7.
La
démocratie 8.
La
LIBERTÉ 9.
LE
PRINCIPE D'ÉGALITÉ POLITIQUE (PEP) 10.
LES
PARTIS POLITIQUES 11.
LA
DÉMOCRATIE DIRECTE (DD) 12.
LA DÉMOCRATIE
DIRECTE DANS L'ENTREPRISE 13.
LA
DÉMOCRATIE DIRECTE DANS L'ÉDUCATION 14.
LA
DÉMOCRATIE DIRECTE DANS LA FAMILLE 15.
LES RÈGLES DE BASE
DE LA DÉMOCRATIE DIRECTE 16
COMMENT
FONCTIONNE LA
DÉMOCRATIE DIRECTE ? 17.
LES
PROBLÈMES DE LA
DÉMOCRATIE DIRECTE 18.
RÉPONSES
AUX CRITIQUES 19.
DÉVELOPPER
LA DÉMOCRATIE DIRECTE
1.
LA POLITIQUELes termes " politique ", " politicien ", " police
" viennent tous de la
même racine " polis " qui
désignait les villes-états de la Grèce
antique. Ces villes
décidaient de leurs propres lois,
justice, monnaie, armée et politique
étrangère.
Il existait de nombreuses " poleis ", chacune
dotée de son
propre système pour gouverner la cité,
légiférer, développer ses politiques
et
son armée. Certaines
villes furent
nommées d’après le nom de leur
fondateur : l’Empereur Constantin fonda
Contantino-polis (Constantinople).
Adriano-polis fut nommée
d’après Adrien.
Akropolis signifie " la cité
haute ", bâtie sur les collines
d’Athènes. Ce
qu’une " polis "
fait, c’est la " poli(s)tique ".
Ceux qui décident de la politique sont les "
poli(s)ticiens ". Les
gens
qu’on désigne pour faire appliquer les lois de la
" polis ", c’est la
police. On pourrait
aujourd’hui
remplacer le terme " polis " par " société ".
Dans certaines villes, le dictateur
décidait de tout, dans d’autres
c’était les anciens et les
propriétaires
terriens. Dans
la cité d’Athènes, tous
les citoyens décidaient de toutes les politiques.
Ce que nous appelons " démocratie "
aujourd’hui est un système où les
représentants des
citoyens – et non les citoyens eux-mêmes
– décident de toutes les
politiques. Il
s’agit du " Règne
des Représentants " (RR), et non de
démocratie. Il
est inexact et trompeur d’appeler ce
système " démocratie ".
Dans
une vraie démocratie, tous les citoyens décident
et personne ne décide pour les
autres.
La politique concerne toutes les
décisions
qui impliquent la société.
Ceci est fait
actuellement partout dans le monde par une poignée de
politiciens, et non par
les citoyens eux-mêmes.
Les gens acceptent que les politiciens
décident de la politique parce qu’ils ne voient
pas comment ils pourraient le
faire eux-mêmes tous ensemble.
Cela leur
semble impossible. Jusqu’à
récemment, il
semblait très compliqué d’organiser la
consultation de dizaines
de millions de personnes.
Aujourd’hui on peut le faire par des moyens
électroniques.
Dans la Démocratie Directe, tous les
citoyens peuvent proposer, discuter et voter sur toutes les politiques.
Est-ce techniquement possible
aujourd’hui ? – Oui.
Est-ce souhaitable ?
- Pour
quelques uns : NON. Pour
la
plupart : OUI.
Faire de la politique, c’est
décider des
politiques. Mais
que signifie " décider " ?
En politique, il y a deux sortes de
décision : que doit faire la
société ?
(décisions politiques) et comment doit-elle
le faire ? (décisions
d’application)
Le chapitre suivant traite du premier type
de décision. Nous
parlerons de l’autre
plus tard.
[sommaire] 2.
LES DECISIONS
NE SONT PAS DES CONCLUSIONS
Beaucoup de gens confondent décisions
et
conclusions. Les
décisions ne sont pas
des conclusions. Il
existe quatre
différences principales entre " décision " et "
conclusion ".
1.
Décider
signifie choisir
parmi un certain nombre d’options.
S’il
n’existe qu’une seule option, alors il
n’y a pas de choix, donc pas de
décision. Choisir
c’est préférer.
Chaque préférence est
déterminée par une
priorité. Chaque
décision est déterminée
par une priorité.
2.
Les
conclusions sont différentes.
On ne peut pas choisir une conclusion selon
nos priorités. Il
n’existe qu’une
conclusion exacte, et nous devons la tirer des données
disponibles en utilisant
nos connaissances techniques et notre raisonnement logique. Les données,
les connaissances et le
raisonnement (et non les priorités) déterminent
l’unique conclusion
exacte. Nous devons
l’accepter, même si
nous en préférerions une autre.
3.
Une
conclusion peut être " exacte " ou " fausse " (2+2 = 5), mais
pas " bonne " ou " mauvaise ".
4.
Une
décision
peut être " bonne " ou " mauvaise ", mais pas " exacte " ou "
fausse ".
Il n’y a pas de décisions fausses,
seulement de mauvaises décisions.
Il n’y a pas de mauvaises conclusions,
seulement des conclusions fausses.
Ceux qui prennent une décision sont
responsables des résultats qu’elle
entraîne car ils auraient pu décider
autrement, avec des priorités différentes, et
obtenir des résultats
différents. Ceux
qui tirent une
conclusion ne sont pas responsables des résultats
qu’elle entraîne.
Ils ne pourraient pas tirer une autre
conclusion exacte. Ils
sont seulement
responsables de l’exactitude de leur conclusion, pas de ses
conséquences.
Les données factuelles
déterminent les
conclusions, mais elles ne déterminent pas les
décisions. Des
personnes différentes arriveront aux
mêmes conclusions à partir des mêmes
données, mais elles pourront prendre des
décisions différentes ensuite.
Pour clarifier un peu plus la
différences
entre décision et conclusion, comparons Hamlet quand il dit
" Etre ou ne
pas être " à un chirurgien qui
se demande " amputer ou ne pas
amputer ". Hamlet
a deux option et
doit en choisir une. La
connaissance et
la logique ne peuvent pas l’aider car elles ne
déterminent pas ce qui est " bien " pour lui. Le
chirurgien quant à lui doit résoudre son dilemme
avec sa connaissance médicale
et son raisonnement logique, et arriver à la conclusion
exacte. Un
médecin n’est responsable que de
l’exactitude de ses conclusions.
Imaginez un malade avec une tumeur à la
jambe. Après
avoir analysé les résultats
des tests, le médecin conclut que la tumeur est
cancéreuse et dit au
malade : " si on ampute la jambe,
vous vivrez plus longtemps,
sinon vous mourrez bientôt ".
En
appliquant un raisonnement logique aux données
médicales, le médecin tire une
seule conclusion, le diagnostic. Si
la
conclusion est fausse, c’est à cause de
données ou de raisonnement inexacts,
mais pas à cause des priorités du
médecin.
Les
données médicales déterminent les
conclusions du
médecin, mais pas la réponse à sa
conclusion.
C’est le malade, et non le médecin,
qui doit décider de la
réponse à donner à la conclusion. La même
conclusion peut entraîner des décisions
différentes chez différents malades qui
auront des priorités
différentes. Certains
décideront
peut-être de mourir plutôt que de vivre infirme,
d’autres préféreront vivre
infirme plutôt que mourir.
Quelle est la " bonne "
décision ?
Est-ce que la même conclusion peut
entraîner des décisions
contradictoires, toutes " bonnes " ?
Aussi surprenant que cela puisse
paraître,
la réponse est : OUI.
La raison est simple.
Différents malades auront
différentes
priorités, certains préféreront
l’invalidité à la mort,
d’autres préféreront la
mort à l’invalidité.
Les deux décisions
sont " bonnes " aux yeux de ceux
qui les ont prises, car elles sont
déterminées par des priorités
différentes, et non par des faits, des
connaissances ou des raisonnements.
Les
gens sont différents, ils ont des priorités
différentes, et il n’existe pas de
priorité absolue qui permette de comparer les
priorités.
Et quel rapport avec la
politique ? La
politique est-elle
décision ou conclusion ?
Les
politiciens prennent-ils des " décisions " ou des "
conclusions "
politiques ? En
politique, les gens
votent. Voter,
c’est choisir. Tous
ceux qui élaborent les politiques, les
rois, les dictateurs, les présidents, les premiers
ministres, les chefs, ou les
citoyens ordinaires, tous choisissent une option parmi
d’autres. Or
on ne peut pas choisir une conclusion.
Répondre à la question " Que
faire ? " implique toujours une
décision, jamais une conclusion.
Les décisions sont
déterminées par les
priorités, pas par les faits, les connaissances ou les
raisonnements. Les
mêmes ensembles de faits, connaissances
et raisonnements peuvent entraîner des décisions
différentes à cause de
priorités différentes.
La politique est
une affaire de décisions, pas de conclusions.
Nous décidons d’enjeux politiques.
Nous ne les tirons pas de conclusions.
Ceux qui prennent une décision sont
responsables de ses conséquences car
ils auraient pu en prendre une autre, avec d’autres
priorités, qui aurait eu
des conséquences différentes.
Les politiciens dont les décisions
entraînent des conséquences
indésirables tentent d’habitude de se
dérober à
leurs responsabilités en disant " Je
n’ai pas eu le choix ", en
prétendant que leurs décisions étaient
des conclusions. Mais ils ont voté.
Voter, c’est choisir.
Et on ne peut pas choisir une conclusion.
[sommaire]
3.
LES PRIORITES
Une priorité est un principe qui
détermine
une préférence.
Sans priorité, on ne
peut pas choisir. "
Décider "
c’est choisir une option parmi d’autres.
Choisir c’est préférer. On
préfère selon ses priorités. Nos
priorités déterminent ce que nous
considérons " bien "
et pour qui
c’est " bien ". Beaucoup
d’entre nous croient que les priorités sont "
naturelles " ou " tombent sous le sens ".
C’est inexact.
Ce sont des
affirmations arbitraires que nous devons poser, car sans elles nous ne
pouvons
pas prendre nos décisions.
Avant la première guerre mondiale en
Europe,
beaucoup de gens croyaient que " bien " signifiait " tout ce qui
est bien pour le Roi et la Patrie ".
Aux Etats-Unis d’Amérique, beaucoup
de gens croyaient que " ce qui
est bien pour la General Motors est bien pour les
USA ". Mais
est-ce que " ce qui est bien pour
la GM " est bien aussi pour l’entreprise
Ford ? Les
salariés de chez Ford pensent peut-être
différemment.
Les priorités humaines sont
créées par les
gens et non par la " Nature ", ni
par Dieu, ni par l’Histoire, ni par
la Réalité. Rien
ni personne de
l’extérieur, au-dessus ou au dessous, ne nous
impose nos priorités. Si
c’était le cas, nous n’aurions pas de
problèmes politiques. Beaucoup
pensent
que " l’instinct de
survie " est l’ultime priorité
que nous impose la
Nature. La
position
de Hamlet contredit
cela. Si la survie
était sa priorité, " ne pas être " ne
saurait être une option, et la conclusion serait
automatiquement " être ".
Il
n’aurait rien à décider. Mais pour lui, " ne pas
être " est une
alternative : il doit décider, et non
pas conclure. Il
n’existe pas de
priorité absolue.
Un sondage réalisé par la
BBC en 2004 a
montré que 71% des américains étaient
prêts à " mourir pour
Dieu ". Ils
accordent donc plus de
valeur à Dieu qu’à leur propre survie.
Ils donnent plus de valeur à leur mode de vie
qu’à leur vie
elle-même. Ils
préfèrent risquer leur
vie pour la Liberté et l’Honneur plutôt
que vivre dans l’oppression et la
honte. "La
mort plutôt que le
déshonneur ! " et " La liberté ou la
mort ! " étaient
la base de la motivation des millions de personnes qui se sont battus
contre
l’oppression plutôt que de s’y soumettre.
Est-il préférable de se soumettre
à l’oppression nazie ou de combattre
le nazisme ? Beaucoup
ont répondu " NON ".
Les sociétés humaines
n’ont pas été
créées
par la nature. Elles
sont des créations
humaines arbitraires. En
créant les
sociétés, les gens se sont
libérés de l’emprise totale de la
nature sur eux. Dans
la nature, les comportements sont
dominés par les besoins biologiques.
Il
n’y a rien de " bien "
dans la dépendance totale aux besoins
biologiques : elle interdit toute liberté et
réduit les priorités à une
seule, la survie. La
vie en société nous
libère de cet esclavage en facilitant la satisfaction des
besoins
biologiques. La vie
en société nous
permet de choisir librement nos propres priorités, et non
celles de la nature.
On peut classer les priorités
politiques en
cinq grandes catégories en posant la question : " je
veux faire ce qui est
bien ", mais pour qui est-ce
bien ? "
Voici les cinq réponses possibles :
1. c’est
bien pour moi et ma famille (priorité
égocentrique)
2. c’est bien pour
mon Roi, pour mon pays, ma nation, ma tribu (priorité
ethnocentrique)
3. c’est
bien pour l’humanité (priorité
anthropocentrique)
4. c’est
bien pour Dieu (priorité théocentrique)
5.
c’est bon pour la nature (priorité
biocentrique)
A tout moment nous n’utilisons
qu’une seule
priorité. Nous
avons besoin de cette
priorité, car sans elle nous ne pouvons pas
décider.
Nous ne pouvons pas avoir deux
priorités en
même temps : nous ne pouvons pas
préférer deux choses en même temps. Je peux bien
désirer deux choses, mais si je
dois choisir l’une d’elles, je dois faire usage
d’une seule priorité.
Chaque priorité exclut toutes les
autres. La devise
Bon pour la patrie "
exclut le bon pour moi ".
La devise Deutschland über
Alles " exclut
Rule Britannia ",
et toutes deux excluent bon pour
l’humanité ".
Je peux, comme
beaucoup d’autres, utiliser une priorité dans un
cas précis, et une autre dans
une autre circonstance, mais à chaque instant, je ne peux
utiliser qu’une seule
priorité.
Les conflits économiques et politiques
viennent de conflits de priorités.
L’ethnocentrisme d’un groupe entre
nécessairement en conflit avec
l’ethnocentrisme des autres groupes, ce qui les
mène souvent à des
affrontements et à la guerre.
Mon
égocentrisme me conduit à des affrontements
conflictuels avec l’égocentrisme
des autres. L’égocentrisme
étant une des
priorités fondamentales du Capitalisme, il contredit
l’anthropocentrisme qui
est une des priorités principales du Socialisme, et aussi du
Christianisme.
Chacune de mes priorités
possède des
sous-priorités, pour m’aider à
décider ce que bon "
signifie. Bon
pour moi " peut signifier une
bonne santé, ou bien une grande fortune, ou bien le pouvoir
suprême, ou encore
le bonheur parfait ou une vie très longue.
Mais là encore, je ne peux faire usage que
d’une seule sous-priorité à
chaque instant donné.
Comment interviennent les priorités
dans le
cas de Hamlet et du docteur ?
Elles impactent la décision d’Hamlet,
mais pas le docteur. Hamlet
décide selon ses priorités, mais le
docteur tire une conclusion en appliquant un raisonnement logique pour
l’analyse
de données médicales : il
n’utilise pas ses priorités personnelles.
Si Hamlet est religieux, alors sa
priorité
lui fera choisir
être ", car les
religions interdisent le
suicide. Mais si sa
priorité est
bon pour moi ", et
s’il préfère la mort au
déshonneur, alors il
décidera de ne pas
être ".
Le docteur ne peut pas choisir une conclusion
médicale. Les
conclusions ne sont pas choisies mais
imposées par les données et par la logique.
Et pour la politique ?
La politique est-elle décision ou
conclusion ?
Les politiciens votent pour définir les
politiques. Personne
ne vote pour
établir des conclusions.
Donc la
politique est une affaire de décisions.
L’
Intérêt de la
Patrie " était la priorité des
européens
jusqu’à la première guerre mondiale. Des
millions d’européens se sont engagés
pour mourir pour cette priorité.
Mais deux guerres mondiales ont changé
les
priorités des gens. Aujourd’hui,
la
plupart des habitants d’Europe et
d’Amérique du Nord ont une autre
priorité : l’égocentrisme.
Je fais ce qui est dans mon propre
intérêt ".
Dans son discours inaugural en 1961, le
Président Kennedy fit appel aux américains et
leur demanda de modifier leurs
priorités :
Ne vous demandez pas ce que
votre
patrie peut faire pour vous.
Demandez-vous ce que vous pouvez faire pour votre
patrie ". Il
demandait aux américains de changer leur
priorité de l’égocentrisme à
l’ethnocentrisme.
Très peu de gens le firent.
Nos priorités sont
programmées pendant
notre enfance par nos parents, nos professeurs et nos leaders. Une fois
implantées, il devient très
difficile de les changer.
Nous croyons que notre priorité est
naturelle ", qu’elle
va de soi ", que c’est
" le
seul choix sensé ".
Mais toutes les priorités sont
arbitraires. Je ne
peux justifier d’aucune de mes
priorités " objectivement ", car toute
justification serait elle-même
basée sur une autre priorité, qui
elle-même nécessiterait justification.
Malgré
la demande de Kennedy, très peu
d’américains
modifièrent leur priorité égocentrique.
Quelques uns décidèrent que les
priorités de Kennedy étaient
incompatibles avec les leurs et ils
l’assassinèrent le 22 novembre 1963 à
Dallas, Texas. Cet
évènement, comme
toutes les guerres, montre que les conflits de priorités
amène souvent les gens
au meurtre.
[sommaire]
4. LES POLITICIENS
Dans
la Grèce Antique, les habitants
d’Athènes
impliqués dans la " polis
"
étaient appelés les " politès
". Les
politès
proposaient les politiques. Aujourd’hui,
ce sont les " politiciens " qui
décident des politiques au nom de
tous les citoyens, alors que très peu de citoyens proposent
des politiques.
Lorsque je vote, je choisis.
Si je choisis, je préfère. En votant pour des
politiciens, je choisis
que d’autres personnes préfèrent
à ma place ce que notre société
devrait faire. Je
choisis que d’autres personnes expriment
mes préférences, et je m’attends
à ce qu’ils le fassent selon MES
priorités. Ils
seraient censés être une
simple extension de moi-même.
Mais en
fait, une fois élus, ils imposent leurs propres
priorités sur moi.
Pourquoi choisir les autres
préférer à
notre place ? Pourquoi
ne pas
choisir nous-mêmes nos préférences pour
notre société ?
Nous avons élus des représentants
parce que
nous pensions qu’il serait très long et difficile
de savoir ce que préfèrent
des millions de citoyens alors qu’on doit souvent
décider rapidement des
politiques.
La manière la plus facile de
décider des
politiques d’une société
entière semblait être d’autoriser une
personne à
décider pour tous. Alors
pendant
longtemps et dans la plupart des sociétés, une
personne (le Chef, le Roi,
l’Empereur, etc.) a décidé de ce que
devait faire la société entière. En fait la
priorité de cette personne était
de décider pour tous ce que devait posséder sa
famille. Et puis
les gens ont rejeté cette forme
d’autorité
et ont élu des représentants pour
décider des politiques en leur nom.
Si chaque politicien représente
100 000
citoyens, 500 politiciens représenteront 50 millions de
citoyens. Ces 500
personnes peuvent facilement se
réunir dans une enceinte pour débattre, un
Parlement ou un Congrès, et pour
voter à main levée.
Les représentants
prennent tous les jours de nombreuses décisions au nom de
ceux qui les ont
élus. Ce
système est encore en vigueur,
car il nous semble que c’est une procédure
très longue et très compliquée de
rassembler les préférences de millions de gens,
de leur expliquer les
différentes options et leurs conséquences,
d’organiser les réunions et les
modalités des votes et les compter.
En
tous cas, jusque récemment.
Aujourd’hui,
c’est facilement réalisable au moyen de la
télévision, des téléphones
mobiles
ou de cartes magnétiques.
Beaucoup de gens pensent que les
politiciens appliquent les préférences des gens
qui les ont élus. En
général, c’est faux.
D’ailleurs ils n’ont pas non plus de
capacité
particulière à décider. Toutes les
décisions sont définies par une
priorité, non par une capacité.
Prendre une décision est une fonction, et non
un savoir-faire. Tout
le monde prend des
décisions tous les jours.
Le philosophe
athénien Platon, qui s’opposait à la
démocratie, prétextait que prendre des
décisions nécessite un savoir-faire, comme celui
du capitaine qui commande le
navire pour parvenir à bon port en utilisant ses
connaissances des bateaux et
de la navigation. Mais
la société n’est
pas un navire. Dans
un navire, tous les
passagers veulent atteindre la même destination. Mais dans la
société, tous les citoyens ne
veulent pas les mêmes politiques, car ils ont des
priorités différentes.
Les politiciens ont besoin d’un certain
savoir-faire
pour prendre le Pouvoir, comme la conspiration (pour se
débarrasser des
rivaux), la flatterie (pour s’allier leurs
supérieurs) et l’hypocrisie (pour
séduire leurs électeurs).
Mais ils n’ont
besoin d’aucun savoir-faire particulier pour
décider des politiques.
Les politiciens décident des politiques selon
leurs propres priorités comme tout le monde.
Les citoyens d’Athènes, en
inventant la
Démocratie, disaient que " tout cuisinier
peut gouverner ".
On voit bien que c’est vrai : Arnold
Schwarzenegger, un Monsieur Univers devenu acteur, est à
présent Gouverneur de
Californie. Il peut
décider pour tous
les citoyens sans aucun savoir-faire.
Il
a des priorités comme chacun
de
nous. En 1980,
Ronald Reagan, un autre
acteur d’Hollywood, devint Président des
Etats-Unis. Qu’avait-il
comme savoir-faire particulier
pour devenir Président ?
Aucun. Aucun
Président n’a besoin
de savoir-faire particulier pour devenir Président. Etre Président
est une fonction, pas un
métier. Ce
ne peut jamais devenir un
métier. N’importe
qui peut être
Président. Qu’il
soit un bon (et pour
qui ?) ou un mauvais (et pour qui ?)
Président dépend des priorités
de ceux qui le jugent.
La prédiction des résultats
d’une
politique, par contre, demande des connaissances et du savoir-faire
qu’on
trouve chez les experts qui étudient les
différentes options et leurs
conséquences. Les
experts expliquent au
Président les options possibles et les résultats
probables, mais ils ne
décident pas quelle option choisir.
C’est le Président qui
décide.
Les experts décident rarement des politiques,
mais lorsqu’ils le font,
ce sont leurs propres priorités, et non leur expertise, qui
guident leur
décision.
Un Président agit comme le jury
d’une cour
de justice. Les
membres du jury ne sont
pas des experts légistes.
Ils écoutent
les avocats, les témoins et le juge.
Puis ils décident si
l’accusé est coupable ou non.
Si les témoins se contredisent, les
jurés
doivent décider qui croire.
Ils le font
selon leurs préférences, pas en fonction de leurs
connaissances juridiques.
Les politiciens décident quelles seront
les
préférences d’une
Société.
L’Etat impose leurs
préférences à la
Société.
Ceci pose deux questions : 1 -
qu’est-ce que " la
Société " ?
, 2 -
qu’est-ce que " l’Etat "
[sommaire]
5.
La Société
Margaret Thatcher, Premier Ministre
britannique dans les années ’80, a dit un
jour : " La société
n’existe pas, il n’y a que des individus et des
familles ". Elle
justifiait ainsi sa politique de
privatisation, en soutenant que les mines, les chemins de fer, les
centrales
électriques, etc., devaient obéir à
l’unique but du profit et non pas d’un
service public à la Société, puisque
la société n’est, selon elle,
qu’une
fiction, pas une réalité.
A première vue, on pourrait croire
qu’elle
a raison. Nous ne
voyons pas une entité
nommée " Société ".
Nous ne
voyons que des gens. Mais
si elle a
raison, on peut aussi dire que " une
entité comme l’Armée n’existe
pas, ce
ne sont que des gens portant un uniforme ".
Nous savons que
c’est absurde. Une
Armée est bien plus que les gens qui
portent des uniformes. La
différence
entre une Armée et des gens en uniforme ne réside
pas dans leur apparence mais
dans leur comportement. Les
gens qui
portent des uniformes parce que c’est la mode,
n’obéissent pas à des ordres et
n’agissent pas ensemble selon un plan précis.
Ils ne risquent pas leur vie et ils ne tuent pas
d’autres personnes,
même si on le leur demande.
Seuls les
soldats d’une Armée le font.
La différence entre " les gens "
et " la
Société " ne réside
pas non plus dans leur apparence mais
dans leur comportement. Une
" société "
n’est pas seulement un ensemble de gens vivant côte
à
côte, mais des gens qui se comportent suivant des
règles que tout le monde
accepte. Ces
règles, appelées " lois ", sont faites pour
résoudre les conflits entre les gens et
sont acceptées par la majorité des gens dans la
société. C’est
l’obéissance aux lois qui fait des " gens " une "
société ". Différentes
sociétés ont
différentes lois, mais c’est seulement une fois
qu’un ensemble de gens accepte les mêmes lois
qu’il devient société.
Tout le monde n’obéit pas toujours
à toutes
les lois. Mais la
plupart des gens
obéissent à la plupart des lois la plupart du
temps. Certains le
font par peur de la punition,
mais la majorité des gens savent que sans lois il y aurait
des conflits en
permanence et la vie serait impossible.
Un groupe de gens où chacun obéit
à ses propres lois, comme dans
certaines villes frontières du " Wild
West " des Etats-Unis au 19e
siècle, ne constitue pas une société.
C’est simplement une foule sans
cohésion. Ces
groupes n’ont aucune stabilité, aucune
viabilité. Ils
vivent en permanence dans
les conflits, sans aucune communauté et
s’autodétruisent.
Les Indiens d’Amérique disaient que
le " Wild West ", l’Ouest
Sauvage, n’est devenu " sauvage "
qu’à l’arrivée des hommes
blancs. La
sauvagerie est venue de ce que chaque immigrant
n’obéissait qu’à ses propres
lois. Lorsque les
gens n’obéissent qu’à
leurs propres règles, ils s’affrontent constamment
et la " société "
n’existe pas.
Avant de créer des "
sociétés ",
les humanoïdes n’étaient qu’une
autre espèce de singes sans parole ni
pensée. C’est
la vie en société qui a
produit la parole et la pensée, " humanisant " ainsi les
primates. La parole
et la pensée ne sont
pas des produits de la Nature mais des produits de la
Société. Si,
comme le dit Margaret Thatcher, la
Société n’existe pas, alors la parole,
le langage et la pensée ne pourraient
pas exister non plus.
[sommaire]
6.
L’Etat
Comme nous l’avons vu, les gens qui
vivent
ensemble et acceptent les mêmes règles forment une
société. Pour
fabriquer ces règles (les " lois "), pour les appliquer et
pour les défendre, les gens ont créé
des systèmes spécifiques.
L'ensemble de
ces systèmes constitue
" l'État ".
Les composantes de
l'État sont :
·
le Parlement, un groupe où se
discutent les lois et les politiques de la société
·
le Gouvernement, un comité qui
décide comment les appliquer
·
la Justice, la Police et les
prisons, des gens formés à l'application des lois
·
l'Armée, des gens organisés
et armés
pour attaquer d'autres sociétés et
défendre leur société de menaces
extérieures
Ces quatre éléments
constituent
l'État ".
Le contenu des lois dépend de ceux qui
les
font. Ce sont les
priorités de ceux qui
font les lois qui déterminent leur contenu.
Autrefois, on attribuait à Dieu le pouvoir de
faire les lois. La
survie des gens dépendait de la
société et
la société dépendait des lois
acceptées par tous. On
disait que les lois émanaient de
Dieu. On gravait
les lois dans la pierre
pour qu'elles soient permanentes et visibles.
(En hébreu, le même mot signifie
faire une loi " et
graver dans la pierre ").
Dans la Bible, l'histoire de Dieu qui donne les
Dix Commandements à
Moïse sur le Mont Sinaï est un exemple de cette
croyance. Selon la
Bible, Moïse grava les lois sur deux
tablettes de pierre après les avoir reçues de
Dieu. De
même Mohammed était persuadé que Dieu
lui
avait dicté le Coran.
En fait, ce sont les gens qui font les
lois. C'est
Moïse, et non Dieu, qui a
créé les Dix Commandements, et c'est Mohammed, et
non Dieu, qui a créé le
Coran. Ce sont les
gens qui font les
lois et les États, et ce sont les gens qui peuvent aussi les
changer. L’État
est conçu, créé,
géré et payé par tous
les citoyens. Tous
les citoyens ont le droit
de le changer quand ils le souhaitent.
La question fondamentale en politique est :
QUI fait les lois et les politiques de la société
?
Jusqu'au 18e siècle la
réponse était : le
Roi. De nombreux
citoyens s'opposaient
aux lois et aux politiques des rois, et
décidèrent de faire leurs propres
lois. Aucun Roi
n'acceptait cela. De
violents conflits éclatèrent entre les
citoyens et les royautés.
Le Roi en
appelait à l'Ordre et à la
Loi " en dénonçant ces
citoyens comme
hors-la-loi ". Par
Ordre et Loi " il entendait SON
ordre et SA loi. Les
citoyens voulaient un Ordre et une Loi
faits par eux-mêmes. Le
conflit entre
les citoyens et le roi n'était pas du genre
loi " contre
sans loi ", ni
ordre " contre
désordre ". C'était
un
combat entre la loi du
Roi " et la loi des
citoyens ", entre l'ordre du
Roi " et l'ordre des
citoyens ". Bien
sûr, les citoyens ont fini par gagner,
mais la question centrale de savoir Qui fait les
lois, et qui décide ce
que doit être l'Ordre ? " est toujours
bien présente aujourd'hui.
Actuellement, c'est un petit nombre de
représentants qui décide de
l'ordre et la loi ". Pourtant
de nombreux
citoyens ne sont pas
d'accord avec de nombreuses lois et avec la façon dont
l'ordre "
est maintenu. Il
est possible
aujourd'hui de construire un système où tous les
citoyens (et pas leurs représentants)
décident ce que les lois et l'ordre devraient être. Un tel système
est une Démocratie Directe
(DD). Il est
à la base d'une société
gérée directement par tous ses citoyens.
Il sera dénoncé comme
désordre " et
hors-la-loi " par tous ceux qui
préfèrent le Règne des
Représentants (RR).
Le
Règne des Représentants est
antidémocratique
lorsque ceux qui sont représentés n'ont aucun
rôle dans la construction des
lois et de l'ordre. Ceci
pose la
question : Qu’est-ce que la
Démocratie ?
[sommaire]
7.
La
démocratie
La
Démocratie fut inventée dans la
cité antique d'Athènes par
Cléisthènes,
il y a environ 2500 ans.
En grec,
démos " signifie
les gens de la
communauté ", et
kratos " signifie
pouvoir " ou
autorité de
décider ".
Démos-kratia "
(démokratia) signifie une
communauté
gérée par tous ses membres ".
Aujourd'hui on pourrait appeler cela
Démocratie
Directe ",
car ce sont les citoyens eux-mêmes, et non leurs
représentants, qui décident
des politiques. Dans
la démos-kratia
athénienne, tous les hommes libres (mais pas les femmes ni
les esclaves)
décidaient des lois et des politiques de leur
société. Ce
n'était pas le règne du
référendum où les
citoyens votent sur des choix imposés par d'autres. Tous les citoyens
pouvaient proposer des lois
et des politiques, les débattre et les modifier, et les
voter.
Interdire
aux femmes et aux esclaves
de prendre part aux propositions et aux votes, cela pose un
problème majeur,
mais dans la plupart des sociétés antiques les
hommes libres n'avaient aucun rôle
dans les décisions légales ou politiques.
Seuls les rois ou les vieux sages faisaient toutes les
lois et les
politiques. La
démos-kratia athénienne
était unique car elle permettait à tous les
hommes libres de prendre part aux
décisions.
Nous
admirons encore aujourd'hui les
pyramides d'Égypte, mais on ne peut pas en faire grand-chose. Mais la
démocratie athénienne peut nous être
utile maintenant. La
démocratie " est une
chose encore très vivante, même si son contenu
et sa forme ont été complètement
pervertis.
La
démocratie athénienne a produit
les philosophies de Socrate, de Platon et d'Aristote.
Elle a inventé le Théâtre,
le Drame, la
Personne, la Tragédie, la Comédie, les
pièces d'Eschyle, de Sophocle,
d'Aristophane, et la méthode de preuve par argumentation
logique. Nous les
utilisons encore aujourd’hui.
Ils ont tous été inventés
par Athènes, et non
par Sparte, une ville voisine d'Athènes mais
dirigée par deux rois et un
conseil d'anciens. La
Philosophie, le
Théâtre, la Tragédie, la Personne, tous
sont nés des débats politiques publics
qui se tenaient avant les votes, sur une grande place
appelée
Agora ".
Tous les citoyens
pouvaient exprimer ses opinions sur l'Agora.
Pour les débats importants, c'était
même un devoir (appelé
parthesia ") de venir
s'exprimer publiquement. Le
silence était puni par la loi.
Tous les citoyens discutaient et votaient
directement toutes les lois et toutes les politiques
d'Athènes.
Dans
la démocratie athénienne, il
n'y avait pas d'élections.
Les citoyens
désignaient des gens pour appliquer les politiques. Les gens
étaient désignés par tirage au sort,
non par élection. Les
responsabilités
duraient seulement une année.
Personne
ne pouvait être désigné deux
années consécutives.
Tous les ans un nouveau tirage au sort
désignait de nouvelles personnes.
Ceux
qui terminaient leur mandat devaient rendre compte de leurs actes et
les échecs
étaient punis. La
désignation des
fonctionnaires " par loterie
évitait la constitution d'une élite,
et éliminait la compétition et la corruption.
Ce
système était complètement
différent de ce que nous appelons aujourd'hui
démocratie ".
De nos jours,
démocratie "
signifie élire quelques politiciens qui vont
décider de tout pour tout le monde.
C'est en contradiction totale avec le sens et
l'esprit de la démocratie originale où tous les
citoyens décidaient de toutes
les politiques, sans représentants.
La
véritable Démocratie, c'est la Politique sans
Politiciens. Voilà
la signification authentique et
originale de la Démos-kratia d'Athènes.
[sommaire]
8.
La
LIBERTÉ
Liberté
"
signifie vivre
selon ses propres décisions.
Ceux qui
décident eux-mêmes de leur vie sont libres.
Ceux qui subissent, consciemment ou non, les
décisions des autres ne
sont pas libres.
La
liberté totale est impossible
dans n'importe quelle société.
Elle
n'est possible que lorsqu'on vit, volontairement, isolé de
tous. Si on vit
avec d'autres gens, il faut
accepter occasionnellement leurs décisions, et faire
attention que nos propres
décisions ne nuisent pas aux autres.
Même deux personnes qui vivent ensemble ont des
désaccords, et chacun
doit occasionnellement accepter les décisions de l'autre. Si c'est toujours le/la
même qui accepte les
décisions de l'autre, cette personne est opprimée. Mais si les gens acceptent
à tour de rôle les
décisions de l'autre, ils limitent leur liberté
volontairement pour pouvoir
vivre ensemble. C'est
ce qui se passe
dans de nombreuses familles, communautés, villes et
sociétés. Dans
la société, les gens acceptent d'obéir
aux décisions des autres si les autres, à leur
tour, obéissent à leurs
décisions. Si
c'est toujours le même
groupe de gens qui obéit aux décisions d'un
autre, alors c'est un groupe
opprimé. La
liberté totale pour les
membres d'un groupe est impossible quel que soit le groupe,
même dans la plus
petite commune anarchiste.
La
plupart des gens préfèrent la vie
en groupe, comme la famille, la tribu, la
société, avec une liberté partielle,
à la liberté totale.
Il existe toutefois
plusieurs degrés dans la liberté partielle.
Les gens ont plus de liberté lorsque les
dirigeants sont élus que
lorsqu'ils ne le sont pas : au moins ils peuvent décider qui
va décider pour
eux. Mais lorsque
les dirigeants sont
élus, les gens ont moins de liberté que lorsqu'il
n'y a pas de dirigeants. Une
société
où tous les citoyens peuvent proposer,
débattre et voter toutes les lois
et politiques, est une société
autogérée : la majorité vit selon ses
propres
décisions. La
minorité doit se plier aux
décisions de la majorité, mais si la
minorité a la possibilité équitable de
devenir la majorité, elle n'est pas opprimée.
Ces citoyens-là ont une bien plus grande
liberté que dans une société
où
les représentants décident de tout.
La
Politique sans Politiciens
(Démocratie Directe) permet le plus grand niveau de
liberté possible dans une
société. Ce
n'est pas la liberté totale
car les décisions de la majorité s'imposent
à tous et la minorité doit les
accepter. Donc
la minorité n'est pas
entièrement libre. Cependant,
ceux qui
sont la minorité dans un domaine peuvent très
bien avoir la majorité dans un
autre. Une
minorité qui peut faire
valoir ses opinions et gagner la majorité n'est pas
opprimée. Une
minorité qu'on empêche de devenir une
majorité par des interdictions légales, ou dont
on restreint la capacité à
exprimer ses opinions, est opprimée.
Mais si elle peut exposer ses opinions et devenir une
majorité, elle
n'est pas opprimée.
Une
société basée sur la
Démocratie
Directe doit permettre à toutes les minorités
d'exprimer leurs opinions quelqu'elles
soient. Cela
stimule le débat politique
public et encourage l'implication des gens dans la vie de leur
société. Cela
améliore la qualité de vie dans
l'ensemble de la société et pour tous les
individus qui en font partie. La
Démocratie Directe fera disparaître
l'indifférence des gens aux questions de
société. Elle
éliminera l'ennui et la dépression dont
la plupart des gens souffrent aujourd'hui.
[sommaire]
9.
LE
PRINCIPE D'ÉGALITÉ POLITIQUE (PEP)
Dans
la déclaration de
l'Indépendance américaine, on lit :
Nous
considérons comme une
vérité acquise que les hommes sont tous
créés égaux ".
Et
les femmes ? Ne
sont-elles pas créées
égales "
aux hommes ? Peut-on
dire que deux
créatures sont créées
égales ?
Il
est un fait qu'aucune créature
n'est créée
égale " à une autre : cette
déclaration contredit la
réalité biologique.
Qu'est-ce que ses
auteurs avaient donc à l'esprit ?
Voulaient-ils dire biologiquement égaux ? Légalement
égaux ? Économiquement
égaux ? Politiquement
égaux ? Ce
sont des domaines très différents. Il semble qu'ils aient
fait référence à
l'égalité devant la loi : toutes les lois
s'appliquent de la même manière à
tout le monde, sans distinction d'origine, de race, de sexe, de
croyance, de
richesse ou de pouvoir, donc personne n'est au-dessus des lois. La démission
forcée du Président Nixon en
1974 à cause de son rôle dans le scandale de
Watergate a montré un exemple de
cette égalité : même le
Président des Etats Unis n'est pas au-dessus des lois.
Mais
qu'en est-il de l'égalité
devant l'autorité de faire les lois ?
Est-ce que tous les citoyens sont autorisés
à proposer, débattre et
voter toutes les lois ? Certainement
pas
! En fait
très peu de citoyens sont
autorisés à voter les lois et les politiques.
Ceux qui votent ne sont pas experts juristes mais les
politiciens. Il est
certes important que tous les citoyens
soient égaux devant l'application de la loi.
Mais il est encore plus important qu'ils soient
égaux devant l'autorité
de faire et de voter ces lois.
L'autorité de voter les lois et les politiques
signifie autorité de
faire les règles auxquelles tous les citoyens doivent
obéir.
Tous
les citoyens doivent avoir le
droit de décider des lois que leur
société devrait accepter.
Après tout, le but des lois est
d'améliorer
les conditions de vie de tous les citoyens.
Ne serait-il pas juste que ceux dont les conditions
doivent être
améliorées décident
eux-mêmes comment le faire ?
Apparemment ce n'est pas le cas, car aucune
société aujourd'hui n’autorise
l’ensemble des citoyens à proposer,
débattre et
voter les lois et les politiques qui la gouvernent.
Le
Principe d'Égalité Politique
(PEP) affirme que même si aucun citoyen n'est biologiquement
égal à un autre,
tous ont une autorité égale à voter
toutes les lois et toutes les politiques de
leur société.
Seuls ceux qui possèdent
cette égalité vivent selon leurs propres
décisions, et sont libres.
Le
PEP doit
être appliqué à tout groupe, couple,
famille, tribu, nation, armée, entreprise, école,
... et à la société
elle-même. Le
PEP affirme le droit de
tous les membres d'un groupe à proposer, débattre
et voter toutes les décisions
du groupe. Certains
penseront que le PEP
va de soi. D'autres
préféreront mourir
plutôt que de l'accepter.
Ils
s'opposeront à son application dans la
société, mais plus encore dans la
famille, l'école et l'entreprise, les syndicats et les
partis politiques. Le
PEP met tout le monde au même niveau :
dirigeants " et
dirigés ", dominateurs
et
dominés. Aucun
leader de parti politique, de droite ou
de gauche, n'acceptera que les membres de son parti aient la
même autorité
qu'elle ou que lui à proposer, débattre et voter
toutes les politiques de leur
parti.
De
nombreux
démocrates "
critiquent le PEP, car il mènerait la démocratie
trop loin, et le traitent de
Populisme ".
Ils déforment
le sens de la démocratie originale et s'en
débarrassent comme
dépassé "
ou irréaliste ".
On peut parier
que des campagnes hystériques
seront lancées contre le PEP en réaction
à chaque revendication en sa
faveur. L'hostilité
envers le PEP
dépassera l'hostilité envers le Socialisme,
l'Anarchisme ou le Féminisme.
Les Socialistes s'opposeront au PEP autant
que les Capitalistes, en avançant que ce qui compte vraiment
c'est le Principe
d'Égalité Économique et non
d'Égalité Politique (PEP).
Les Socialistes oublient le fait que dans
tous les états basés sur
l'égalité économique (l'URSS et
l'ancien bloc
soviétique), seule une poignée d'officiels
décidaient de tout pour tout le
monde, et que 99,99% des citoyens n'avaient aucune autorité
pour décider quoi
que ce fût, pas même qui déciderait
à leur place. Il
n'est pas étonnant que ces systèmes se
soient effondrés sans effusion de sang.
Très peu de citoyens les soutenaient. Ces
systèmes étaient censés vaincre
l'oppression et l'exploitation
causées par les inégalités
économiques. Mais
comme ils étaient basés sur
l'inégalité politique, ils
ont produit une oppression et une
exploitation encore plus grandes en privant les citoyens de toute
liberté
politique. La
plupart des gens qui ont
grandi dans ces systèmes
socialistes "
préfèrent l'inégalité
économique du capitalisme à
l'inégalité politique du socialisme. Pas étonnant.
La
chute de l'URSS fut la preuve
historique que l'égalité économique
est inférieure à l'égalité
politique, et ne
peut pas l'engendrer. Seule
l'égalité
politique peut générer d'autres
égalités, et est de fait beaucoup plus
importante que toute autre forme d'égalité.
Les
opposants à l'égalité politique
prétendent que la plupart des gens n'ont pas les
connaissances nécessaires à la
compréhension des lois, leurs avantages et leurs
inconvénients. Mais
ceci s'applique aussi à la plupart des
politiciens qui votent les lois aujourd'hui.
La plupart d'entre eux ne sont pas juristes et pourtant
ils discutent et
votent les nouvelles lois et politiques.
Ils écoutent les explications des experts sur
les conséquences des
politiques proposées, puis ils font ce que font tous les
jurés dans n'importe
quel tribunal : ils choisissent l'option qui convient le mieux
à leurs propres
priorités. N'importe
quel citoyen peut
faire de même. Les
citoyens peuvent
écouter les panels d'experts à la radio ou la
télévision expliquer les
conséquences d'une nouvelle loi ou politique, et ensuite
voter. Si une loi
ou politique s'avère avoir des résultats
négatifs imprévus, les citoyens peuvent toujours
l'annuler. Les
membres de tous les panels d'experts
doivent toujours être tirés au sort et
changés régulièrement.
[sommaire]
10.
LES
PARTIS POLITIQUES
Un
parti politique est un groupe de
personnes qui agit volontairement pour promouvoir une politique
particulière. Il
ne fait pas partie de
l'Etat. Tout groupe
de citoyens qui veut
promouvoir certaines idées politiques peut former un parti
politique, mais
l'Etat peut fonctionner sans eux.
Un
parti important a besoin de gens
pour la gestion quotidienne des bureaux, pour la communication, pour
l'organisation de réunions, pour lever des fonds, pour
créer de nouvelles
sections et pour communiquer régulièrement avec
ses membres. Pour
faire cela, les partis emploient des
salariés à plein temps, connus sous des noms
différents : officiels,
secrétaires, bureaucrates, nomenklatura, ...
Leurs noms n'ont pas d'importance : ce qui compte c'est
que ces
personnes vivent de la gestion du parti politique et du
contrôle de ses activités.
Ce sont eux qui décident de quoi faire et de
comment le faire. Ce
sont eux qui
orientent les nominations aux postes de responsables.
Beaucoup d'entre eux attachent plus
d'importance à leur fonction dans le Parti qu'à
la politique du Parti.
Chaque
Parti a ses propres
politiques, mais on en trouve plusieurs versions au sein d'un
même parti. Dans
la plupart des partis, les différents
groupes défendent différentes versions des
politiques du parti. Lorsqu'un
parti obtient la majorité dans une
élection (où d'ailleurs de nombreux citoyens
n'ont pas daigné aller voter), il
se met aux commandes de l'Etat. Son
chef
devient Président ou Premier Ministre, et les responsables
du parti deviennent
responsables des différents ministères.
Ce parti gère alors le gouvernement et les
responsables du parti
utilisent leur pouvoir pour mettre en oeuvre les politiques de leur
parti. Tous les
états
démocratiques "
fonctionnent ainsi aujourd'hui. Mais
en
fait ce fonctionnement contredit le fondement même de la
démocratie qui demande
à tous les citoyens de participer aux décisions
des lois et des
politiques. Il
contredit aussi le
principe démocratique de nomination uniquement par tirage au
sort.
La
loi du Parti n'est pas la
démocratie. Dans
la
démos-kratia " les
citoyens, et non les partis politiques, votent
directement les politiques. Ce
que nous
appelons aujourd'hui démocratie n'est pas la
démocratie mais le Règne des
Représentants (RR). Dans
une vraie
démocratie, les chefs de parti décideraient
uniquement des politiques de leur
parti, et non de la société. Les
partis
peuvent proposer une politique aux citoyens, mais pas
décider à leur
place. Un parti
politique qui défend une
certaine politique contribue à la vie de la
démocratie, mais un parti qui
décide de toutes les politiques à la place de
tous les citoyens est clairement
anti-démocratique.
Après
la deuxième guerre mondiale,
tous les partis politiques se sont
détériorés de deux manières:
·
les
permanents du parti ont supplanté les politiques
·
les
partis ont cherché à conquérir le
pouvoir pour
leur propre bénéfice, et non pour le bien de la
société
À
présent, dans la plupart des pays,
ce sont les permanents des partis qui gèrent les
états (et les partis) pour
leurs propres bénéfices, et non pour le bien de
tous les citoyens. Beaucoup
de gens ont fini par trouver cela
normal ".
[sommaire]
11.
LA
DÉMOCRATIE DIRECTE (DD)
La
Politique " signifie
deux choses : décider ce que la
société doit faire, et mettre en oeuvre ces
décisions
Dans
la Démocratie Directe, tous les
citoyens ont le droit de participer à la
première, de proposer une politique,
d'en débattre et de voter.
Les débats
politiques publics sont la base de la Démocratie Directe. À
Athènes, ces débats ont inspiré la
production de Philosophie, l'invention du Théâtre,
de la Tragédie, de la
Comédie, et l'argumentation logique plutôt que la
conviction par
l'autorité. Le
débat politique public
est réel seulement si tous les citoyens
bénéficient des facilités leur
permettant de s'exprimer. Mais
comment
cela se peut-il avec des millions de personnes ?
Aujourd'hui, en utilisant la
télévision pour
les débats et les téléphones mobiles,
les cartes magnétiques et les écrans
tactiles pour voter. Dans
l'Athènes
antique les citoyens débattaient la politique sur une place
en plein air
appelée Agora ".
L'Agora
moderne, c'est la télévision où tout
le monde peut parler à des millions
d'autres personnes. Dans
la DD, tous les
ministères du gouvernement (santé,
éducation, industrie, finance, etc.) opèrent
leur propre chaîne de télévision toute
l'année 24 heures sur 24.
En se branchant sur une chaîne, on verra un
panel discuter de la politique de ce ministère.
Les membres du panel doivent posséder des
connaissances et une
expérience des questions liées à ce
ministère particulier.
Ils répondront aux questions posées
par le
public. Ils
expliqueront les avantages
et les inconvénients de chaque proposition.
Les membres du panel seront tirés au sort (et
non pas élus) à partir
d'une liste d'experts qualifiés.
Les
membres du panel seront changés
régulièrement.
Personne ne pourra servir pendant deux périodes
consécutives. Toute
récompense ou somme versée à un membre
du panel sera puni.
La
chaîne de télévision montrera les
différentes propositions de politique et le panel
débattra des points forts et
des points faibles de chacune d'entre elles.
Les spectateurs pourront, par
téléphone et à tout instant, poser des
questions, critiquer ou suggérer de nouvelles
idées. Chaque
proposition bénéficiera d'un temps de
discussion (défini par une Constitution).
Une fois ce temps expiré, la
proposition sera
soumise au vote. Le
public aura 48 heures pour voter sur
chaque proposition. Toutes
les
propositions qui auront recueilli suffisamment de voix seront soumises
à un
deuxième débat puis à un vote final.
Alors les propositions qui auront recueilli un nombre de
voix suffisant
au deuxième tour deviendront applicables.
Si les citoyens demandent un
troisième vote, la
proposition sera soumise
à un troisième tour de débats et de
vote.
Les
débats politiques publics entre
des millions de gens sont possibles aujourd'hui.
Il est clair que lorsque sera instauré
la politique sans
politiciens ", tous les citoyens devront
définir
et adopter une Constitution pour décider de toutes les
procédures. Des
problèmes imprévus arriveront, mais quand
on veut, on peut ", surtout
avec l'aide de la télé, des
téléphones mobiles, des cartes
magnétiques, des
écrans tactiles et de l'Internet.
Le
choix des technologies et de la manière de les utiliser sera
fait par tous les
citoyens lorsque la Démocratie Directe sera
établie. Pour
l'instant, il suffit de comprendre qu'au
moyen des technologies de communication modernes, on peut mettre en
place un
système politique où tous les citoyens peuvent
proposer, débattre et voter
toutes les lois et toutes le politiques. Une fois la
décision d'une politique
prise, un panel sera constitué pour la mettre en oeuvre. Les membres du panel
seront tirés au sort
parmi une liste de tous ceux et celles qui ont les connaissances et
l'expérience
de ces tâches spécifiques. Ils seront
changés à intervalles
réguliers. Les
plaintes concernant
l'inefficacité ou la corruption des membres du panel seront
immédiatement
suivies d'une investigation, et tous les écarts seront punis.
[sommaire]
12. LA DÉMOCRATIE
DIRECTE DANS L'ENTREPRISE
L'utilisation
de la télévision pour
les débats politiques publics pose la question : qui décide ce
qu'on doit montrer à la
télévision ?
Ceux qui ont ce pouvoir
peuvent manipuler le débat et le vote.
Donc plus généralement : qui
décide de la politique de n'importe quelle
entreprise, pas seulement la télévision ?
La
DD donne une réponse claire : à
moins d'une majorité qui en déciderait autrement,
ce qui se passe dans
l'entreprise doit être décidé par tous
ceux qui y travaillent. Ceci
nous amène au problème crucial de la
privatisation et de la nationalisation de l'économie. Mais en fait ce n'est pas
une question de
privatisation ou de nationalisation des entreprises, mais de leur
démocratisation.
Tous
les employés doivent avoir le
droit de proposer, débattre et voter sur toutes les
politiques de
l'entreprise. Le
travail en sera
d'autant plus enrichissant et efficace.
Si les employés décident de nommer
des experts pour les décisions
techniques, ils devront être nommés par tirage au
sort et seront révocables par
les employés à tout instant.
Certains
disent qu'il est impossible
de mettre en pratique la Démocratie Directe sur les lieux de
travail. Mais la
question est Est-ce
souhaitable ? "
Si oui, alors
quand on veut, on peut ".
Lorsque tous les employés décident
de toutes les politiques, alors le
management et les syndicats deviennent superflus.
Cela réduit considérablement les
coûts de
production et élimine la plupart des conflits dans
l'entreprise, car les gens
ne luttent pas contre leurs propres décisions.
La Démocratie Directe des employés
dans l'entreprise mettra fin à la
misère ressentie par la plupart des employés
aujourd'hui, car ils n'ont aucun
rôle dans les décisions concernant leur travail et
ne peuvent que s'opposer à
quelques décisions prises par le management et les syndicats. L'introduction de la DD
sur le lieu de
travail rencontrera une résistance farouche de la part du
management, des
syndicats et des partis politiques.
Ceux
qui rencontreront cette résistance devront
décider comment y répondre.
Il suffit de dire maintenant : offrons la
Démocratie Directe comme une alternative aux
méthodes actuelles de production
pleines de conflits et de frustrations.
Dans
les petites entreprises, les
réunions d'employés pour débattre et
décider des politiques peuvent se tenir
dans une grande salle et les votes à main levée. Lorsque des centaines ou
des milliers
d'employés veulent débattre et voter, ils peuvent
utiliser des circuits vidéo,
des réseaux d'ordinateurs et d'autres méthodes de
communication
électronique. Tous
les employés doivent
débattre de ces procédures sans aucune
interférence extérieure, et la
décision
de la majorité mise en oeuvre.
L'introduction
de la DD au travail
rencontrera de nombreux problèmes, mais les
problèmes techniques peuvent être
résolus grâce à la technologie moderne.
Si le ressentiment fait place à la
tolérance et la colère à l'humour, la
DD peut être mise en oeuvre sans violence et sans effusion de
sang. Lorsqu'une
majorité de gens souhaiteront la
mise en place de la DD, ils transformeront non seulement leur travail
mais
aussi leur vie entière et celle de toute la
société. La
DD peut seulement être introduite si la
plupart des employés le souhaite.
Sans
soutien majoritaire, aucune DD ne peut exister nulle part.
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