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LA  POLITIQUE
sans
POLITICIENS

Qu’est-ce que la Politique


Que   font     les     politiciens    ?


Avons - nous   besoin   de  politiciens? 


Est-ce  que tout le monde peut faire ce que font  les  politiciens ?


Le pouvoir  Politique  corrompt:  est-ce  qu’on peut l’abolir? Comment?



Vous trouverez des réponses à ces questions dans "La Politique Sans Politiciens"

Une brochure de Dיmocratie Directe

Une brochure de Démocratie Directe
par Aki Orr

(traduit par Claude SIMON)

INTRODUCTION

Dans le monde entier, la plupart des gens ne font plus confiance aux politiciens.

Les scandales politiques, les complots et la corruption sont monnaie courante dans tous les pays et dans tous les partis : d’où la méfiance envers la majorité des politiciens de la part même de leurs partisans.  Beaucoup de gens pensent que la politique engendre nécessairement la corruption (un dicton bien connu dit " Le pouvoir corrompt ").  Alors il n’est pas étonnant que les gens se méfient non seulement des politiciens mais aussi de la politique elle-même.  Beaucoup ne vont même pas voter.  Ils ne pensent pas que les élections changent quoi que ce soit d’important.  L’absence de vote pour les élus est en fait une " motion de censure " contre le règne des élus.

Les gens qui sont dégoûtés de la duplicité des politiciens recherchent des politiciens dignes de confiance.  Lorsqu’ils en trouvent, ceux-là aussi les déçoivent tôt ou tard.  Pas étonnant que certains préfèreraient avoir un dictateur à un parlement.  D’autres ne veulent pas de dictateur mais ne voient pas d’alternative : ils abandonnent et laissent  la politique aux politiciens.  Ce qui aggrave les choses car ce sont les politiciens recherchant plus leur pouvoir personnel que l’intérêt public qui gèrent la société.

Cette brochure explique comment on peut gérer la société sans représentants élus, en votant tous sur des POLITIQUES et non sur des politiciens.  Lorsque tous les citoyens décideront de toutes les politiques, les politiciens seront superflus car leur travail est de décider pour les autres.  Ils représentent les autres, et l’autorité de représenter les autres confère le " Pouvoir ". 
C’est le pouvoir – et non la politique – qui engendre la corruption.  L’abolition du pouvoir signifie l’abolition de la corruption. 
Elle purge la politique de l’hypocrisie, de la duplicité et des conspirations.  Lorsque tous les citoyens décideront de toutes les politiques, nous aurons une Démocratie Directe (DD).  Dans un tel système, personne ne représente les autres, personne n’est payé pour décider des politiques.  Donc les coûts de la gestion publique diminuent énormément, mais l’intérêt des citoyens dans les affaires publiques augmente.

Aucun système politique ne peut résoudre tous les problèmes politiques.  La croyance dans ce genre de remède miracle est une illusion dangereuse.  Il n’existe pas de remède de ce type.  L’abolition du pouvoir résoudra un bon nombre de problèmes politiques, mais sûrement pas tous.  Lorsque tout citoyen peut proposer, débattre et voter sur n’importe quelle politique, alors personne n’a autorité de décider pour les autres, et donc le pouvoir politique est aboli.  Le pouvoir, c’est comme une drogue.  Ceux qui le prennent une fois, que ce soit au sein de l’Etat, d’une église, d’une municipalité, d’une école ou de la famille, ne peuvent plus s’en passer.  De nombreux politiciens ont soif de pouvoir comme une fin en soi, et même ceux qui l’utilisent vraiment pour améliorer la société feront n’importe quoi pour l’obtenir.

DD abolit le pouvoir politique en interdisant à quiconque de décider de la politique pour les autres.  Chaque citoyen possède une voix pour chaque politique, et ne représente que lui- ou elle-même.  Personne ne représente personne d’autre. 
Si une politique a des conséquences indésirables, alors ceux et celles qui ont voté pour en sont responsables.  Pour éviter que de telles choses se reproduisent, les citoyens doivent découvrir ce qui les a conduit à cette mauvaise décision et réfléchir sur leurs motivations.  Ceci permet aux gens de chercher les causes des problèmes politiques en eux-mêmes (et non chez les autres ou ailleurs), de les trouver et de les résoudre.

La Démocratie Directe peut se résumer ainsi : Tous les citoyens décident de toutes les politiques.  Ceci abolit tout pouvoir politique car le pouvoir vient de l’autorité de décider des politiques pour les autres.  Tous les citoyens ont le droit de proposer, débattre et voter sur toutes les politiques.  La manière dont ils utilisent – ou non – ce droit ne dépend que d’eux-mêmes.

 sommaire

INTRODUCTION


1.     LA POLITIQUE

2.     LES DECISIONS NE SONT PAS DES CONCLUSIONS

3.     LES PRIORITES

4.     LES POLITICIENS

5.     La Société

6.     L’Etat

7.     La démocratie

8.     La LIBERTÉ

9.     LE PRINCIPE D'ÉGALITÉ POLITIQUE (PEP)

10.   LES PARTIS POLITIQUES

11.   LA DÉMOCRATIE DIRECTE (DD)

12.   LA DÉMOCRATIE DIRECTE DANS L'ENTREPRISE

13.   LA DÉMOCRATIE DIRECTE DANS L'ÉDUCATION

14.   LA DÉMOCRATIE DIRECTE DANS LA FAMILLE

15.   LES RÈGLES DE BASE DE LA DÉMOCRATIE DIRECTE

16    COMMENT FONCTIONNE  LA DÉMOCRATIE DIRECTE ?

17.   LES PROBLÈMES DE  LA DÉMOCRATIE DIRECTE

18.   RÉPONSES AUX CRITIQUES

19.   DÉVELOPPER LA DÉMOCRATIE DIRECTE

1.   LA POLITIQUE

Les termes " politique ", " politicien ", " police " viennent tous de la même racine " polis " qui désignait les villes-états de la Grèce antique.  Ces villes décidaient de leurs propres lois, justice, monnaie, armée et politique étrangère.  Il existait de nombreuses " poleis ", chacune dotée de son propre système pour gouverner la cité, légiférer, développer ses politiques et son armée.  Certaines villes furent nommées d’après le nom de leur fondateur : l’Empereur Constantin fonda Contantino-polis (Constantinople).  Adriano-polis fut nommée d’après Adrien.  Akropolis signifie " la cité haute ", bâtie sur les collines d’Athènes.  Ce qu’une " polis " fait, c’est la " poli(s)tique ".  Ceux qui décident de la politique sont les " poli(s)ticiens ".  Les gens qu’on désigne pour faire appliquer les lois de la " polis ", c’est la police.  On pourrait aujourd’hui remplacer le terme " polis " par " société ".

Dans certaines villes, le dictateur décidait de tout, dans d’autres c’était les anciens et les propriétaires terriens. 
Dans la cité d’Athènes, tous les citoyens décidaient de toutes les politiques. 

Ce que nous appelons " démocratie " aujourd’hui est un système où les représentants des citoyens – et non les citoyens eux-mêmes – décident de toutes les politiques.  Il s’agit du " Règne des Représentants " (RR), et non de démocratie.  Il est inexact et trompeur d’appeler ce système " démocratie ".  Dans une vraie démocratie, tous les citoyens décident et personne ne décide pour les autres.

La politique concerne toutes les décisions qui impliquent la société.  Ceci est fait actuellement partout dans le monde par une poignée de politiciens, et non par les citoyens eux-mêmes.

Les gens acceptent que les politiciens décident de la politique parce qu’ils ne voient pas comment ils pourraient le faire eux-mêmes tous ensemble.  Cela leur semble impossible.  Jusqu’à récemment, il semblait très compliqué d’organiser la consultation de dizaines de millions de personnes.  Aujourd’hui on peut le faire par des moyens électroniques.

Dans la Démocratie Directe, tous les citoyens peuvent proposer, discuter et voter sur toutes les politiques.

Est-ce techniquement possible aujourd’hui ? – Oui.

Est-ce souhaitable ?  -  Pour quelques uns : NON.  Pour la plupart : OUI.

Faire de la politique, c’est décider des politiques.  Mais que signifie " décider " ?

En politique, il y a deux sortes de décision : que doit faire la société ?  (décisions politiques) et comment doit-elle le faire ?  (décisions d’application)

Le chapitre suivant traite du premier type de décision.  Nous parlerons de l’autre plus tard.

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2.  LES DECISIONS NE SONT PAS DES CONCLUSIONS

Beaucoup de gens confondent décisions et conclusions.  Les décisions ne sont pas des conclusions.  Il existe quatre différences principales entre " décision " et " conclusion ".

1.       Décider signifie choisir parmi un certain nombre d’options.  S’il n’existe qu’une seule option, alors il n’y a pas de choix, donc pas de décision.  Choisir c’est préférer.  Chaque préférence est déterminée par une priorité. 
Chaque décision est déterminée par une priorité.

2.       Les conclusions sont différentes.  On ne peut pas choisir une conclusion selon nos priorités.  Il n’existe qu’une conclusion exacte, et nous devons la tirer des données disponibles en utilisant nos connaissances techniques et notre raisonnement logique.  Les données, les connaissances et le raisonnement (et non les priorités) déterminent l’unique conclusion exacte.  Nous devons l’accepter, même si nous en préférerions une autre.

3.       Une conclusion peut être " exacte " ou " fausse " (2+2 = 5), mais pas " bonne " ou " mauvaise ".

4.       Une décision peut être " bonne " ou " mauvaise ", mais pas " exacte " ou " fausse ".  Il n’y a pas de décisions fausses, seulement de mauvaises décisions.  Il n’y a pas de mauvaises conclusions, seulement des conclusions fausses.

Ceux qui prennent une décision sont responsables des résultats qu’elle entraîne car ils auraient pu décider autrement, avec des priorités différentes, et obtenir des résultats différents.  Ceux qui tirent une conclusion ne sont pas responsables des résultats qu’elle entraîne.  Ils ne pourraient pas tirer une autre conclusion exacte.  Ils sont seulement responsables de l’exactitude de leur conclusion, pas de ses conséquences.

Les données factuelles déterminent les conclusions, mais elles ne déterminent pas les décisions. 
Des personnes différentes arriveront aux mêmes conclusions à partir des mêmes données, mais elles pourront prendre des décisions différentes ensuite.

Pour clarifier un peu plus la différences entre décision et conclusion, comparons Hamlet quand il dit " Etre ou ne pas être " à un chirurgien qui se demande " amputer ou ne pas amputer ".  Hamlet a deux option et doit en choisir une.  La connaissance et la logique ne peuvent pas l’aider car elles ne déterminent pas ce qui est " bien " pour lui.  Le chirurgien quant à lui doit résoudre son dilemme avec sa connaissance médicale et son raisonnement logique, et arriver à la conclusion exacte.  Un médecin n’est responsable que de l’exactitude de ses conclusions.

Imaginez un malade avec une tumeur à la jambe.  Après avoir analysé les résultats des tests, le médecin conclut que la tumeur est cancéreuse et dit au malade : " si on ampute la jambe, vous vivrez plus longtemps, sinon vous mourrez bientôt ". 
En appliquant un raisonnement logique aux données médicales, le médecin tire une seule conclusion, le diagnostic. 
Si la conclusion est fausse, c’est à cause de données ou de raisonnement inexacts, mais pas à cause des priorités du médecin.

Les données médicales déterminent les conclusions du médecin, mais pas la réponse à sa conclusion.  C’est le malade, et non le médecin, qui doit décider de la réponse à donner à la conclusion.  La même conclusion peut entraîner des décisions différentes chez différents malades qui auront des priorités différentes.  Certains décideront peut-être de mourir plutôt que de vivre infirme, d’autres préféreront vivre infirme plutôt que mourir.  Quelle est la " bonne " décision ? 
Est-ce que la même conclusion peut entraîner des décisions contradictoires, toutes " bonnes " ?

Aussi surprenant que cela puisse paraître, la réponse est : OUI.

La raison est simple.  Différents malades auront différentes priorités, certains préféreront l’invalidité à la mort, d’autres préféreront la mort à l’invalidité.  Les deux décisions sont " bonnes " aux yeux de ceux qui les ont prises, car elles sont déterminées par des priorités différentes, et non par des faits, des connaissances ou des raisonnements.  Les gens sont différents, ils ont des priorités différentes, et il n’existe pas de priorité absolue qui permette de comparer les priorités.

Et quel rapport avec la politique ?  La politique est-elle décision ou conclusion ?  Les politiciens prennent-ils des " décisions " ou des " conclusions " politiques ?  En politique, les gens votent.  Voter, c’est choisir.  Tous ceux qui élaborent les politiques, les rois, les dictateurs, les présidents, les premiers ministres, les chefs, ou les citoyens ordinaires, tous choisissent une option parmi d’autres.  Or on ne peut pas choisir une conclusion.  Répondre à la question " Que faire ? " implique toujours une décision, jamais une conclusion.  Les décisions sont déterminées par les priorités, pas par les faits, les connaissances ou les raisonnements.  Les mêmes ensembles de faits, connaissances et raisonnements peuvent entraîner des décisions différentes à cause de priorités différentes.  La politique est une affaire de décisions, pas de conclusions.  Nous décidons d’enjeux politiques.  Nous ne les tirons pas de conclusions.  Ceux qui prennent une décision sont responsables de ses conséquences car ils auraient pu en prendre une autre, avec d’autres priorités, qui aurait eu des conséquences différentes.

Les politiciens dont les décisions entraînent des conséquences indésirables tentent d’habitude de se dérober à leurs responsabilités en disant " Je n’ai pas eu le choix ", en prétendant que leurs décisions étaient des conclusions. Mais ils ont voté.  Voter, c’est choisir.  Et on ne peut pas choisir une conclusion.

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3.   LES PRIORITES

Une priorité est un principe qui détermine une préférence.  Sans priorité, on ne peut pas choisir.  " Décider " c’est choisir une option parmi d’autres.  Choisir c’est préférer.  On préfère selon ses priorités.  Nos priorités déterminent ce que nous considérons " bien " et pour qui c’est " bien ".  Beaucoup d’entre nous croient que les priorités sont " naturelles " ou " tombent sous le sens ".  C’est inexact.  Ce sont des affirmations arbitraires que nous devons poser, car sans elles nous ne pouvons pas prendre nos décisions.

Avant la première guerre mondiale en Europe, beaucoup de gens croyaient que " bien " signifiait " tout ce qui est bien pour le Roi et la Patrie ".  Aux Etats-Unis d’Amérique, beaucoup de gens croyaient que " ce qui est bien pour la General Motors est bien pour les USA ".  Mais est-ce que " ce qui est bien pour la GM " est bien aussi pour l’entreprise Ford ?  Les salariés de chez Ford pensent peut-être différemment.

Les priorités humaines sont créées par les gens et non par la " Nature ", ni par Dieu, ni par l’Histoire, ni par la Réalité. 
Rien ni personne de l’extérieur, au-dessus ou au dessous, ne nous impose nos priorités.  Si c’était le cas, nous n’aurions pas de problèmes politiques.  Beaucoup pensent que " l’instinct de survie " est l’ultime priorité que nous impose la Nature.  
La position de Hamlet contredit cela.  Si la survie était sa priorité, " ne pas être " ne saurait être une option, et la conclusion serait automatiquement " être ".  Il n’aurait rien à décider.  Mais pour lui, " ne pas être " est une alternative : il doit décider, et non pas conclure.  Il n’existe pas de priorité absolue.

Un sondage réalisé par la BBC en 2004 a montré que 71% des américains étaient prêts à " mourir pour Dieu ". 
Ils accordent donc plus de valeur à Dieu qu’à leur propre survie.  Ils donnent plus de valeur à leur mode de vie qu’à leur vie elle-même.  Ils préfèrent risquer leur vie pour la Liberté et l’Honneur plutôt que vivre dans l’oppression et la honte. 
"La mort plutôt que le déshonneur ! " et " La liberté ou la mort ! " étaient la base de la motivation des millions de personnes qui se sont battus contre l’oppression plutôt que de s’y soumettre.  Est-il préférable de se soumettre à l’oppression nazie ou de combattre le nazisme ?  Beaucoup ont répondu " NON ".

Les sociétés humaines n’ont pas été créées par la nature.  Elles sont des créations humaines arbitraires.  En créant les sociétés, les gens se sont libérés de l’emprise totale de la nature sur eux.  Dans la nature, les comportements sont dominés par les besoins biologiques.  Il n’y a rien de " bien " dans la dépendance totale aux besoins biologiques : elle interdit toute liberté et réduit les priorités à une seule, la survie.  La vie en société nous libère de cet esclavage en facilitant la satisfaction des besoins biologiques.  La vie en société nous permet de choisir librement nos propres priorités, et non celles de la nature.

On peut classer les priorités politiques en cinq grandes catégories en posant la question :  " je veux faire ce qui est  bien ", mais pour qui est-ce bien ? "  Voici les cinq réponses possibles :

1.  c’est bien pour moi et ma famille (priorité égocentrique)

2. c’est bien pour mon Roi, pour mon pays, ma nation, ma tribu (priorité ethnocentrique)

3.  c’est bien pour l’humanité (priorité anthropocentrique)

4.  c’est bien pour Dieu (priorité théocentrique)

5.  c’est bon pour la nature (priorité biocentrique)

A tout moment nous n’utilisons qu’une seule priorité.  Nous avons besoin de cette priorité, car sans elle nous ne pouvons pas décider.

Nous ne pouvons pas avoir deux priorités en même temps : nous ne pouvons pas préférer deux choses en même temps. 
Je peux bien désirer deux choses, mais si je dois choisir l’une d’elles, je dois faire usage d’une seule priorité.

Chaque priorité exclut toutes les autres.  La devise  Bon pour la patrie " exclut le  bon pour moi ".   La devise  Deutschland über Alles "  exclut   Rule Britannia ", et toutes deux excluent  bon pour l’humanité ".   Je peux, comme beaucoup d’autres, utiliser une priorité dans un cas précis, et une autre dans une autre circonstance, mais à chaque instant, je ne peux utiliser qu’une seule priorité.

Les conflits économiques et politiques viennent de conflits de priorités.  L’ethnocentrisme d’un groupe entre nécessairement en conflit avec l’ethnocentrisme des autres groupes, ce qui les mène souvent à des affrontements et à la guerre. 
Mon égocentrisme me conduit à des affrontements conflictuels avec l’égocentrisme des autres.  L’égocentrisme étant une des priorités fondamentales du Capitalisme, il contredit l’anthropocentrisme qui est une des priorités principales du Socialisme, et aussi du Christianisme.

Chacune de mes priorités possède des sous-priorités, pour m’aider à décider ce que  bon " signifie.   Bon pour moi " peut signifier une bonne santé, ou bien une grande fortune, ou bien le pouvoir suprême, ou encore le bonheur parfait ou une vie très longue.  Mais là encore, je ne peux faire usage que d’une seule sous-priorité à chaque instant donné.

Comment interviennent les priorités dans le cas de Hamlet et du docteur ?   Elles impactent la décision d’Hamlet, mais pas le docteur.  Hamlet décide selon ses priorités, mais le docteur tire une conclusion en appliquant un raisonnement logique pour l’analyse de données médicales : il n’utilise pas ses priorités personnelles.

Si Hamlet est religieux, alors sa priorité lui fera choisir  être ", car les religions interdisent le suicide.  Mais si sa priorité est  bon pour moi ", et s’il préfère la mort au déshonneur, alors il décidera de  ne pas être ".  Le docteur ne peut pas choisir une conclusion médicale.  Les conclusions ne sont pas choisies mais imposées par les données et par la logique.

Et pour la politique ?  La politique est-elle décision ou conclusion ?

Les politiciens votent pour définir les politiques.  Personne ne vote pour établir des conclusions.  Donc la politique est une affaire de décisions.  L’  Intérêt de la Patrie " était la priorité des européens jusqu’à la première guerre mondiale.  
Des millions d’européens se sont engagés pour mourir pour cette priorité.

Mais deux guerres mondiales ont changé les priorités des gens.  Aujourd’hui, la plupart des habitants d’Europe et d’Amérique du Nord ont une autre priorité : l’égocentrisme.  Je fais ce qui est dans mon propre intérêt ".

Dans son discours inaugural en 1961, le Président Kennedy fit appel aux américains et leur demanda de modifier leurs priorités :

 Ne vous demandez pas ce que votre patrie peut faire pour vous.  Demandez-vous ce que vous pouvez faire pour votre patrie ".  
Il demandait aux américains de changer leur priorité de l’égocentrisme à l’ethnocentrisme.  Très peu de gens le firent.

Nos priorités sont programmées pendant notre enfance par nos parents, nos professeurs et nos leaders. 
Une fois implantées, il devient très difficile de les changer.

Nous croyons que notre priorité est  naturelle ", qu’elle  va de soi ", que c’est  " le seul choix sensé ". 
Mais toutes les priorités sont arbitraires.  Je ne peux justifier d’aucune de mes priorités " objectivement ", car toute justification serait elle-même basée sur une autre priorité, qui elle-même nécessiterait justification.

Malgré la demande de Kennedy, très peu d’américains modifièrent leur priorité égocentrique.  Quelques uns décidèrent que les priorités de Kennedy étaient incompatibles avec les leurs et ils l’assassinèrent le 22 novembre 1963 à Dallas, Texas. 
Cet évènement, comme toutes les guerres, montre que les conflits de priorités amène souvent les gens au meurtre.

 

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4.   LES POLITICIENS

Dans la Grèce Antique, les habitants d’Athènes impliqués dans la " polis " étaient appelés les " politès ".  
Les politès  proposaient les politiques.  Aujourd’hui, ce sont les " politiciens " qui décident des politiques au nom de tous les citoyens, alors que très peu de citoyens proposent des politiques.

Lorsque je vote, je choisis.  Si je choisis, je préfère.  En votant pour des politiciens, je choisis que d’autres personnes préfèrent à ma place ce que notre société devrait faire.  Je choisis que d’autres personnes expriment mes préférences, et je m’attends à ce qu’ils le fassent selon MES priorités.  Ils seraient censés être une simple extension de moi-même. 
Mais en fait, une fois élus, ils imposent leurs propres priorités sur moi.

Pourquoi choisir les autres préférer à notre place ?  Pourquoi ne pas choisir nous-mêmes nos préférences pour notre société ?  Nous avons élus des représentants parce que nous pensions qu’il serait très long et difficile de savoir ce que préfèrent des millions de citoyens alors qu’on doit souvent décider rapidement des politiques.

La manière la plus facile de décider des politiques d’une société entière semblait être d’autoriser une personne à décider pour tous.  Alors pendant longtemps et dans la plupart des sociétés, une personne (le Chef, le Roi, l’Empereur, etc.) a décidé de ce que devait faire la société entière.  En fait la priorité de cette personne était de décider pour tous ce que devait posséder sa famille.  Et puis les gens ont rejeté cette forme d’autorité et ont élu des représentants pour décider des politiques en leur nom.  Si chaque politicien représente 100 000 citoyens, 500 politiciens représenteront 50 millions de citoyens.  Ces 500 personnes peuvent facilement se réunir dans une enceinte pour débattre, un Parlement ou un Congrès, et pour voter à main levée. 
Les représentants prennent tous les jours de nombreuses décisions au nom de ceux qui les ont élus.  Ce système est encore en vigueur, car il nous semble que c’est une procédure très longue et très compliquée de rassembler les préférences de millions de gens, de leur expliquer les différentes options et leurs conséquences, d’organiser les réunions et les modalités des votes et les compter.  En tous cas, jusque récemment.  Aujourd’hui, c’est facilement réalisable au moyen de la télévision, des téléphones mobiles ou de cartes magnétiques.

Beaucoup de gens pensent que les politiciens appliquent les préférences des gens qui les ont élus.  En général, c’est faux.  D’ailleurs ils n’ont pas non plus de capacité particulière à décider.  Toutes les décisions sont définies par une priorité, non par une capacité.  Prendre une décision est une fonction, et non un savoir-faire.  Tout le monde prend des décisions tous les jours.  Le philosophe athénien Platon, qui s’opposait à la démocratie, prétextait que prendre des décisions nécessite un savoir-faire, comme celui du capitaine qui commande le navire pour parvenir à bon port en utilisant ses connaissances des bateaux et de la navigation.  Mais la société n’est pas un navire.  Dans un navire, tous les passagers veulent atteindre la même destination.  Mais dans la société, tous les citoyens ne veulent pas les mêmes politiques, car ils ont des priorités différentes.  Les politiciens ont besoin d’un certain savoir-faire pour prendre le Pouvoir, comme la conspiration (pour se débarrasser des rivaux), la flatterie (pour s’allier leurs supérieurs) et l’hypocrisie (pour séduire leurs électeurs).  Mais ils n’ont besoin d’aucun savoir-faire particulier pour décider des politiques.  Les politiciens décident des politiques selon leurs propres priorités comme tout le monde.

Les citoyens d’Athènes, en inventant la Démocratie, disaient que " tout cuisinier peut gouverner ".  On voit bien que c’est vrai : Arnold Schwarzenegger, un Monsieur Univers devenu acteur, est à présent Gouverneur de Californie.  Il peut décider pour tous les citoyens sans aucun savoir-faire.  Il a des priorités comme  chacun de nous.  En 1980, Ronald Reagan, un autre acteur d’Hollywood, devint Président des Etats-Unis.  Qu’avait-il comme savoir-faire particulier pour devenir Président ?  Aucun.  
Aucun Président n’a besoin de savoir-faire particulier pour devenir Président.  Etre Président est une fonction, pas un métier. 
Ce ne peut jamais devenir un métier.  N’importe qui peut être Président.  Qu’il soit un bon (et pour qui ?) ou un mauvais (et pour qui ?) Président dépend des priorités de ceux qui le jugent.

La prédiction des résultats d’une politique, par contre, demande des connaissances et du savoir-faire qu’on trouve chez les experts qui étudient les différentes options et leurs conséquences.  Les experts expliquent au Président les options possibles et les résultats probables, mais ils ne décident pas quelle option choisir.  C’est le Président qui décide.
 
Les experts décident rarement des politiques, mais lorsqu’ils le font, ce sont leurs propres priorités, et non leur expertise, qui guident leur décision.

Un Président agit comme le jury d’une cour de justice.  Les membres du jury ne sont pas des experts légistes.  Ils écoutent les avocats, les témoins et le juge.  Puis ils décident si l’accusé est coupable ou non.  Si les témoins se contredisent, les jurés doivent décider qui croire.  Ils le font selon leurs préférences, pas en fonction de leurs connaissances juridiques.

Les politiciens décident quelles seront les préférences d’une Société.

L’Etat impose leurs préférences à la Société.

Ceci pose deux questions : 1 - qu’est-ce que " la Société " ?  ,  2 - qu’est-ce que " l’Etat "

 

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5.   La Société

Margaret Thatcher, Premier Ministre britannique dans les années ’80, a dit un jour : " La société n’existe pas, il n’y a que des individus et des familles ".  Elle justifiait ainsi sa politique de privatisation, en soutenant que les mines, les chemins de fer, les centrales électriques, etc., devaient obéir à l’unique but du profit et non pas d’un service public à la Société, puisque la société n’est, selon elle, qu’une fiction, pas une réalité.

A première vue, on pourrait croire qu’elle a raison.  Nous ne voyons pas une entité nommée " Société ".  Nous ne voyons que des gens.  Mais si elle a raison, on peut aussi dire que " une entité comme l’Armée n’existe pas, ce ne sont que des gens portant un uniforme ".  Nous savons que c’est absurde.  Une Armée est bien plus que les gens qui portent des uniformes. 
La différence entre une Armée et des gens en uniforme ne réside pas dans leur apparence mais dans leur comportement. 
Les gens qui portent des uniformes parce que c’est la mode, n’obéissent pas à des ordres et n’agissent pas ensemble selon un plan précis.  Ils ne risquent pas leur vie et ils ne tuent pas d’autres personnes, même si on le leur demande.  Seuls les soldats d’une Armée le font.

La différence entre " les gens " et " la Société " ne réside pas non plus dans leur apparence mais dans leur comportement. 
Une " société " n’est pas seulement un ensemble de gens vivant côte à côte, mais des gens qui se comportent suivant des règles que tout le monde accepte.  Ces règles, appelées " lois ", sont faites pour résoudre les conflits entre les gens et sont acceptées par la majorité des gens dans la société.  C’est l’obéissance aux lois qui fait des " gens " une " société ". 
Différentes sociétés ont différentes lois, mais c’est seulement une fois qu’un ensemble de gens accepte les mêmes lois qu’il devient société.  Tout le monde n’obéit pas toujours à toutes les lois.  Mais la plupart des gens obéissent à la plupart des lois la plupart du temps.  Certains le font par peur de la punition, mais la majorité des gens savent que sans lois il y aurait des conflits en permanence et la vie serait impossible.  Un groupe de gens où chacun obéit à ses propres lois, comme dans certaines villes frontières du " Wild West " des Etats-Unis au 19e siècle, ne constitue pas une société.  C’est simplement une foule sans cohésion.  Ces groupes n’ont aucune stabilité, aucune viabilité.  Ils vivent en permanence dans les conflits, sans aucune communauté et s’autodétruisent.  Les Indiens d’Amérique disaient que le " Wild West ", l’Ouest Sauvage, n’est devenu " sauvage " qu’à l’arrivée des hommes blancs.  La sauvagerie est venue de ce que chaque immigrant n’obéissait qu’à ses propres lois.  Lorsque les gens n’obéissent qu’à leurs propres règles, ils s’affrontent constamment et la " société " n’existe pas.

Avant de créer des " sociétés ", les humanoïdes n’étaient qu’une autre espèce de singes sans parole ni pensée. 
C’est la vie en société qui a produit la parole et la pensée, " humanisant " ainsi les primates.  La parole et la pensée ne sont pas des produits de la Nature mais des produits de la Société.  Si, comme le dit Margaret Thatcher, la Société n’existe pas, alors la parole, le langage et la pensée ne pourraient pas exister non plus.

 

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6.   L’Etat

Comme nous l’avons vu, les gens qui vivent ensemble et acceptent les mêmes règles forment une société.  
Pour fabriquer ces règles (les " lois "), pour les appliquer et pour les défendre, les gens ont créé des systèmes spécifiques.  L'ensemble de ces systèmes constitue  " l'État ".  Les composantes de l'État sont :

·         le Parlement, un groupe où se discutent les lois et les politiques de la société

·         le Gouvernement, un comité qui décide comment les appliquer

·         la Justice, la Police et les prisons, des gens formés à l'application des lois

·         l'Armée, des gens organisés et armés pour attaquer d'autres sociétés et défendre leur société de menaces extérieures

Ces quatre éléments constituent  l'État ".

Le contenu des lois dépend de ceux qui les font.  Ce sont les priorités de ceux qui font les lois qui déterminent leur contenu.  Autrefois, on attribuait à Dieu le pouvoir de faire les lois.  La survie des gens dépendait de la société et la société dépendait des lois acceptées par tous.  On disait que les lois émanaient de Dieu.  On gravait les lois dans la pierre pour qu'elles soient permanentes et visibles.  (En hébreu, le même mot signifie  faire une loi " et  graver dans la pierre "). 
Dans la Bible, l'histoire de Dieu qui donne les Dix Commandements à Moïse sur le Mont Sinaï est un exemple de cette croyance.  Selon la Bible, Moïse grava les lois sur deux tablettes de pierre après les avoir reçues de Dieu. 
De même Mohammed était persuadé que Dieu lui avait dicté le Coran.

En fait, ce sont les gens qui font les lois.  C'est Moïse, et non Dieu, qui a créé les Dix Commandements, et c'est Mohammed, et non Dieu, qui a créé le Coran.  Ce sont les gens qui font les lois et les États, et ce sont les gens qui peuvent aussi les changer.  L’État est conçu, créé, géré et payé par tous les citoyens.  Tous les citoyens ont le droit de le changer quand ils le souhaitent.

La question fondamentale en politique est : QUI fait les lois et les politiques de la société ?

Jusqu'au 18e siècle la réponse était : le Roi.  De nombreux citoyens s'opposaient aux lois et aux politiques des rois, et décidèrent de faire leurs propres lois.  Aucun Roi n'acceptait cela.  De violents conflits éclatèrent entre les citoyens et les royautés.  Le Roi en appelait  à l'Ordre et à la Loi " en dénonçant ces citoyens comme  hors-la-loi ".   
Par  Ordre et Loi " il entendait SON ordre et SA loi.  Les citoyens voulaient un Ordre et une Loi faits par eux-mêmes. 
Le conflit entre les citoyens et le roi n'était pas du genre  loi " contre  sans loi ", ni  ordre " contre  désordre ". 
C'était un combat entre  la loi du Roi " et  la loi des citoyens ", entre  l'ordre du Roi " et  l'ordre des citoyens ". 
Bien sûr, les citoyens ont fini par gagner, mais la question centrale de savoir  Qui fait les lois, et qui décide ce que doit être l'Ordre ? " est toujours bien présente aujourd'hui.

Actuellement, c'est un petit nombre de représentants qui décide de  l'ordre et la loi ".  Pourtant de nombreux citoyens ne sont pas d'accord avec de nombreuses lois et avec la façon dont  l'ordre " est maintenu.  Il est possible aujourd'hui de construire un système où tous les citoyens (et pas leurs représentants) décident ce que les lois et l'ordre devraient être.  Un tel système est une Démocratie Directe (DD).  Il est à la base d'une société gérée directement par tous ses citoyens.  Il sera dénoncé comme  désordre " et  hors-la-loi " par tous ceux qui préfèrent le Règne des Représentants (RR).

Le Règne des Représentants est antidémocratique lorsque ceux qui sont représentés n'ont aucun rôle dans la construction des lois et de l'ordre.  Ceci pose la question : Qu’est-ce que la Démocratie ?

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7.         La démocratie

La Démocratie fut inventée dans la cité antique d'Athènes par Cléisthènes,  il y a environ 2500 ans.  En grec,  démos " signifie  les gens de la communauté ", et  kratos " signifie  pouvoir " ou  autorité de décider ".   Démos-kratia " (démokratia) signifie  une communauté gérée par tous ses membres ".  Aujourd'hui on pourrait appeler cela  Démocratie Directe ", car ce sont les citoyens eux-mêmes, et non leurs représentants, qui décident des politiques.  Dans la démos-kratia athénienne, tous les hommes libres (mais pas les femmes ni les esclaves) décidaient des lois et des politiques de leur société.  Ce n'était pas le règne du référendum où les citoyens votent sur des choix imposés par d'autres.  Tous les citoyens pouvaient proposer des lois et des politiques, les débattre et les modifier, et les voter.

Interdire aux femmes et aux esclaves de prendre part aux propositions et aux votes, cela pose un problème majeur, mais dans la plupart des sociétés antiques les hommes libres n'avaient aucun rôle dans les décisions légales ou politiques.  Seuls les rois ou les vieux sages faisaient toutes les lois et les politiques.  La démos-kratia athénienne était unique car elle permettait à tous les hommes libres de prendre part aux décisions.

Nous admirons encore aujourd'hui les pyramides d'Égypte, mais on ne peut pas en faire grand-chose.  Mais la démocratie athénienne peut nous être utile maintenant.  La  démocratie " est une chose encore très vivante, même si son contenu et sa forme ont été complètement pervertis.

La démocratie athénienne a produit les philosophies de Socrate, de Platon et d'Aristote.  Elle a inventé le Théâtre, le Drame, la Personne, la Tragédie, la Comédie, les pièces d'Eschyle, de Sophocle, d'Aristophane, et la méthode de preuve par argumentation logique.  Nous les utilisons encore aujourd’hui.  Ils ont tous été inventés par Athènes, et non par Sparte, une ville voisine d'Athènes mais dirigée par deux rois et un conseil d'anciens.  La Philosophie, le Théâtre, la Tragédie, la Personne, tous sont nés des débats politiques publics qui se tenaient avant les votes, sur une grande place appelée  Agora ". 
Tous les citoyens pouvaient exprimer ses opinions sur l'Agora.  Pour les débats importants, c'était même un devoir (appelé  parthesia ") de venir s'exprimer publiquement.  Le silence était puni par la loi.  Tous les citoyens discutaient et votaient directement toutes les lois et toutes les politiques d'Athènes.

Dans la démocratie athénienne, il n'y avait pas d'élections.  Les citoyens désignaient des gens pour appliquer les politiques.  Les gens étaient désignés par tirage au sort, non par élection.  Les responsabilités duraient seulement une année. 
Personne ne pouvait être désigné deux années consécutives.  Tous les ans un nouveau tirage au sort désignait de nouvelles personnes.  Ceux qui terminaient leur mandat devaient rendre compte de leurs actes et les échecs étaient punis. 
La désignation des  fonctionnaires " par loterie évitait la constitution d'une élite, et éliminait la compétition et la corruption.

Ce système était complètement différent de ce que nous appelons aujourd'hui  démocratie ".  De nos jours,  démocratie " signifie élire quelques politiciens qui vont décider de tout pour tout le monde.  C'est en contradiction totale avec le sens et l'esprit de la démocratie originale où tous les citoyens décidaient de toutes les politiques, sans représentants.  La véritable Démocratie, c'est la Politique sans Politiciens.  Voilà la signification authentique et originale de la Démos-kratia d'Athènes.  

 

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8.         La LIBERTÉ

 Liberté " signifie vivre selon ses propres décisions.  Ceux qui décident eux-mêmes de leur vie sont libres.  Ceux qui subissent, consciemment ou non, les décisions des autres ne sont pas libres.

La liberté totale est impossible dans n'importe quelle société.  Elle n'est possible que lorsqu'on vit, volontairement, isolé de tous.  Si on vit avec d'autres gens, il faut accepter occasionnellement leurs décisions, et faire attention que nos propres décisions ne nuisent pas aux autres.  Même deux personnes qui vivent ensemble ont des désaccords, et chacun doit occasionnellement accepter les décisions de l'autre.  Si c'est toujours le/la même qui accepte les décisions de l'autre, cette personne est opprimée.  Mais si les gens acceptent à tour de rôle les décisions de l'autre, ils limitent leur liberté volontairement pour pouvoir vivre ensemble.  C'est ce qui se passe dans de nombreuses familles, communautés, villes et sociétés. 
Dans la société, les gens acceptent d'obéir aux décisions des autres si les autres, à leur tour, obéissent à leurs décisions.  
Si c'est toujours le même groupe de gens qui obéit aux décisions d'un autre, alors c'est un groupe opprimé.  La liberté totale pour les membres d'un groupe est impossible quel que soit le groupe, même dans la plus petite commune anarchiste.

La plupart des gens préfèrent la vie en groupe, comme la famille, la tribu, la société, avec une liberté partielle, à la liberté totale.  Il existe toutefois plusieurs degrés dans la liberté partielle.  Les gens ont plus de liberté lorsque les dirigeants sont élus que lorsqu'ils ne le sont pas : au moins ils peuvent décider qui va décider pour eux.  Mais lorsque les dirigeants sont élus, les gens ont moins de liberté que lorsqu'il n'y a pas de dirigeants.  Une société  où tous les citoyens peuvent proposer, débattre et voter toutes les lois et politiques, est une société autogérée : la majorité vit selon ses propres décisions. 
La minorité doit se plier aux décisions de la majorité, mais si la minorité a la possibilité équitable de devenir la majorité, elle n'est pas opprimée.  Ces citoyens-là ont une bien plus grande liberté que dans une société où les représentants décident de tout.

La Politique sans Politiciens (Démocratie Directe) permet le plus grand niveau de liberté possible dans une société. 
Ce n'est pas la liberté totale car les décisions de la majorité s'imposent à tous et la minorité doit les accepter. 
Donc la minorité n'est pas entièrement libre.  Cependant, ceux qui sont la minorité dans un domaine peuvent très bien avoir la majorité dans un autre.  Une minorité qui peut faire valoir ses opinions et gagner la majorité n'est pas opprimée.
Une minorité qu'on empêche de devenir une majorité par des interdictions légales, ou dont on restreint la capacité à exprimer ses opinions, est opprimée.  Mais si elle peut exposer ses opinions et devenir une majorité, elle n'est pas opprimée.

Une société basée sur la Démocratie Directe doit permettre à toutes les minorités d'exprimer leurs opinions quelqu'elles soient.  Cela stimule le débat politique public et encourage l'implication des gens dans la vie de leur société. 
Cela améliore la qualité de vie dans l'ensemble de la société et pour tous les individus qui en font partie.  
La Démocratie Directe fera disparaître l'indifférence des gens aux questions de société.  Elle éliminera l'ennui et la dépression dont la plupart des gens souffrent aujourd'hui.

 

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9.         LE PRINCIPE D'ÉGALITÉ POLITIQUE (PEP)

Dans la déclaration de l'Indépendance américaine, on lit :

 Nous considérons comme une vérité acquise que les hommes sont tous créés égaux ".

Et les femmes ?  Ne sont-elles pas  créées égales " aux hommes ?  Peut-on dire que deux créatures sont créées égales ?

Il est un fait qu'aucune créature n'est  créée égale " à une autre : cette déclaration contredit la réalité biologique. 
Qu'est-ce que ses auteurs avaient donc à l'esprit ?  Voulaient-ils dire biologiquement égaux ?  Légalement égaux ?  Économiquement égaux ?  Politiquement égaux ?  Ce sont des domaines très différents.  Il semble qu'ils aient fait référence à l'égalité devant la loi : toutes les lois s'appliquent de la même manière à tout le monde, sans distinction d'origine, de race, de sexe, de croyance, de richesse ou de pouvoir, donc personne n'est au-dessus des lois.  La démission forcée du Président Nixon en 1974 à cause de son rôle dans le scandale de Watergate a montré un exemple de cette égalité : même le Président des Etats Unis n'est pas au-dessus des lois.

Mais qu'en est-il de l'égalité devant l'autorité de faire les lois ?    Est-ce que tous les citoyens sont autorisés à proposer, débattre et voter toutes les lois ?  Certainement pas !  En fait très peu de citoyens sont autorisés à voter les lois et les politiques.  Ceux qui votent ne sont pas experts juristes mais les politiciens.  Il est certes important que tous les citoyens soient égaux devant l'application de la loi.  Mais il est encore plus important qu'ils soient égaux devant l'autorité de faire et de voter ces lois.  L'autorité de voter les lois et les politiques signifie autorité de faire les règles auxquelles tous les citoyens doivent obéir.

Tous les citoyens doivent avoir le droit de décider des lois que leur société devrait accepter.  Après tout, le but des lois est d'améliorer les conditions de vie de tous les citoyens.  Ne serait-il pas juste que ceux dont les conditions doivent être améliorées décident eux-mêmes comment le faire ?  Apparemment ce n'est pas le cas, car aucune société aujourd'hui n’autorise l’ensemble des citoyens à proposer, débattre et voter les lois et les politiques qui la gouvernent.

Le Principe d'Égalité Politique (PEP) affirme que même si aucun citoyen n'est biologiquement égal à un autre, tous ont une autorité égale à voter toutes les lois et toutes les politiques de leur société.  Seuls ceux qui possèdent cette égalité vivent selon leurs propres décisions, et sont libres.

Le PEP  doit être appliqué à tout groupe, couple, famille, tribu, nation, armée, entreprise, école, ... et à la société elle-même.  Le PEP affirme le droit de tous les membres d'un groupe à proposer, débattre et voter toutes les décisions du groupe. 
Certains penseront que le PEP va de soi.  D'autres préféreront mourir plutôt que de l'accepter.  Ils s'opposeront à son application dans la société, mais plus encore dans la famille, l'école et l'entreprise, les syndicats et les partis politiques.  Le PEP met tout le monde au même niveau :  dirigeants " et  dirigés ",  dominateurs et dominés. 
Aucun leader de parti politique, de droite ou de gauche, n'acceptera que les membres de son parti aient la même autorité qu'elle ou que lui à proposer, débattre et voter toutes les politiques de leur parti.

De nombreux  démocrates " critiquent le PEP, car il mènerait la démocratie trop loin, et le traitent de  Populisme ".  Ils déforment le sens de la démocratie originale et s'en débarrassent comme  dépassé " ou  irréaliste ".   On peut parier que des campagnes hystériques seront lancées contre le PEP en réaction à chaque revendication en sa faveur. 
L'hostilité envers le PEP dépassera l'hostilité envers le Socialisme, l'Anarchisme ou le Féminisme. 
Les Socialistes s'opposeront au PEP autant que les Capitalistes, en avançant que ce qui compte vraiment c'est le Principe d'Égalité Économique et non d'Égalité Politique (PEP).  Les Socialistes oublient le fait que dans tous les états basés sur l'égalité économique (l'URSS et l'ancien bloc soviétique), seule une poignée d'officiels décidaient de tout pour tout le monde, et que 99,99% des citoyens n'avaient aucune autorité pour décider quoi que ce fût, pas même qui déciderait à leur place. 
Il n'est pas étonnant que ces systèmes se soient effondrés sans effusion de sang.  Très peu de citoyens les soutenaient.  
Ces systèmes étaient censés vaincre l'oppression et l'exploitation causées par les inégalités économiques.  
Mais comme ils étaient basés sur l'inégalité politique, ils  ont produit une oppression et une exploitation encore plus grandes en privant les citoyens de toute liberté politique.  La plupart des gens qui ont grandi dans ces systèmes  socialistes " préfèrent l'inégalité économique du capitalisme à l'inégalité politique du socialisme.  Pas étonnant.

La chute de l'URSS fut la preuve historique que l'égalité économique est inférieure à l'égalité politique, et ne peut pas l'engendrer.  Seule l'égalité politique peut générer d'autres égalités, et est de fait beaucoup plus importante que toute autre forme d'égalité.

Les opposants à l'égalité politique prétendent que la plupart des gens n'ont pas les connaissances nécessaires à la compréhension des lois, leurs avantages et leurs inconvénients.  Mais ceci s'applique aussi à la plupart des politiciens qui votent les lois aujourd'hui.  La plupart d'entre eux ne sont pas juristes et pourtant ils discutent et votent les nouvelles lois et politiques.  Ils écoutent les explications des experts sur les conséquences des politiques proposées, puis ils font ce que font tous les jurés dans n'importe quel tribunal : ils choisissent l'option qui convient le mieux à leurs propres priorités.  N'importe quel citoyen peut faire de même.  Les citoyens peuvent écouter les panels d'experts à la radio ou la télévision expliquer les conséquences d'une nouvelle loi ou politique, et ensuite voter.  Si une loi ou politique s'avère avoir des résultats négatifs imprévus, les citoyens peuvent toujours l'annuler.  Les membres de tous les panels d'experts doivent toujours être tirés au sort et changés régulièrement.

 

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10.        LES PARTIS POLITIQUES

Un parti politique est un groupe de personnes qui agit volontairement pour promouvoir une politique particulière.  Il ne fait pas partie de l'Etat.  Tout groupe de citoyens qui veut promouvoir certaines idées politiques peut former un parti politique, mais l'Etat peut fonctionner sans eux.

Un parti important a besoin de gens pour la gestion quotidienne des bureaux, pour la communication, pour l'organisation de réunions, pour lever des fonds, pour créer de nouvelles sections et pour communiquer régulièrement avec ses membres. 
Pour faire cela, les partis emploient des salariés à plein temps, connus sous des noms différents : officiels, secrétaires, bureaucrates, nomenklatura, ...  Leurs noms n'ont pas d'importance : ce qui compte c'est que ces personnes vivent de la gestion du parti politique et du contrôle de ses activités.  Ce sont eux qui décident de quoi faire et de comment le faire. 
Ce sont eux qui orientent les nominations aux postes de responsables.  Beaucoup d'entre eux attachent plus d'importance à leur fonction dans le Parti qu'à la politique du Parti.

Chaque Parti a ses propres politiques, mais on en trouve plusieurs versions au sein d'un même parti.  Dans la plupart des partis, les différents groupes défendent différentes versions des politiques du parti.  Lorsqu'un parti obtient la majorité dans une élection (où d'ailleurs de nombreux citoyens n'ont pas daigné aller voter), il se met aux commandes de l'Etat.  Son chef devient Président ou Premier Ministre, et les responsables du parti deviennent responsables des différents ministères.  Ce parti gère alors le gouvernement et les responsables du parti utilisent leur pouvoir pour mettre en oeuvre les politiques de leur parti.  Tous les états  démocratiques " fonctionnent ainsi aujourd'hui.  Mais en fait ce fonctionnement contredit le fondement même de la démocratie qui demande à tous les citoyens de participer aux décisions des lois et des politiques.  Il contredit aussi le principe démocratique de nomination uniquement par tirage au sort.

La loi du Parti n'est pas la démocratie.  Dans la  démos-kratia " les citoyens, et non les partis politiques, votent directement les politiques.  Ce que nous appelons aujourd'hui démocratie n'est pas la démocratie mais le Règne des Représentants (RR). 
Dans une vraie démocratie, les chefs de parti décideraient uniquement des politiques de leur parti, et non de la société. 
Les partis peuvent proposer une politique aux citoyens, mais pas décider à leur place.  Un parti politique qui défend une certaine politique contribue à la vie de la démocratie, mais un parti qui décide de toutes les politiques à la place de tous les citoyens est clairement anti-démocratique.

Après la deuxième guerre mondiale, tous les partis politiques se sont détériorés de deux manières:

·         les permanents du parti ont supplanté les politiques

·         les partis ont cherché à conquérir le pouvoir pour leur propre bénéfice, et non pour le bien de la société

À présent, dans la plupart des pays, ce sont les permanents des partis qui gèrent les états (et les partis) pour leurs propres bénéfices, et non pour le bien de tous les citoyens.  Beaucoup de gens ont fini par trouver cela  normal ".

 

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11.        LA DÉMOCRATIE DIRECTE (DD)

La  Politique " signifie deux choses : décider ce que la société doit faire, et mettre en oeuvre ces décisions

Dans la Démocratie Directe, tous les citoyens ont le droit de participer à la première, de proposer une politique, d'en débattre et de voter.  Les débats politiques publics sont la base de la Démocratie Directe.  À Athènes, ces débats ont inspiré la production de Philosophie, l'invention du Théâtre, de la Tragédie, de la Comédie, et l'argumentation logique plutôt que la conviction par l'autorité.  Le débat politique public est réel seulement si tous les citoyens bénéficient des facilités leur permettant de s'exprimer.  Mais comment cela se peut-il avec des millions de personnes ?  Aujourd'hui, en utilisant la télévision pour les débats et les téléphones mobiles, les cartes magnétiques et les écrans tactiles pour voter.  Dans l'Athènes antique les citoyens débattaient la politique sur une place en plein air appelée  Agora ".  L'Agora moderne, c'est la télévision où tout le monde peut parler à des millions d'autres personnes.  Dans la DD, tous les ministères du gouvernement (santé, éducation, industrie, finance, etc.) opèrent leur propre chaîne de télévision toute l'année 24 heures sur 24.  En se branchant sur une chaîne, on verra un panel discuter de la politique de ce ministère.  Les membres du panel doivent posséder des connaissances et une expérience des questions liées à ce ministère particulier.  Ils répondront aux questions posées par le public.  Ils expliqueront les avantages et les inconvénients de chaque proposition.  Les membres du panel seront tirés au sort (et non pas élus) à partir d'une liste d'experts qualifiés.  Les membres du panel seront changés régulièrement.  Personne ne pourra servir pendant deux périodes consécutives.  Toute récompense ou somme versée à un membre du panel sera puni.

La chaîne de télévision montrera les différentes propositions de politique et le panel débattra des points forts et des points faibles de chacune d'entre elles.  Les spectateurs pourront, par téléphone et à tout instant, poser des questions, critiquer ou suggérer de nouvelles idées.  Chaque proposition bénéficiera d'un temps de discussion (défini par une Constitution). 
Une fois ce temps expiré, la proposition sera soumise au vote.  Le public aura 48 heures pour voter sur chaque proposition.  Toutes les propositions qui auront recueilli suffisamment de voix seront soumises à un deuxième débat puis à un vote final.  Alors les propositions qui auront recueilli un nombre de voix suffisant au deuxième tour deviendront applicables. 
Si les citoyens demandent un troisième vote, la proposition sera soumise à un troisième tour de débats et de vote.

Les débats politiques publics entre des millions de gens sont possibles aujourd'hui.  Il est clair que lorsque sera instauré  la politique sans politiciens ", tous les citoyens devront définir et adopter une Constitution pour décider de toutes les procédures.  Des problèmes imprévus arriveront, mais   quand on veut, on peut ", surtout avec l'aide de la télé, des téléphones mobiles, des cartes magnétiques, des écrans tactiles et de l'Internet.  Le choix des technologies et de la manière de les utiliser sera fait par tous les citoyens lorsque la Démocratie Directe sera établie.  Pour l'instant, il suffit de comprendre qu'au moyen des technologies de communication modernes, on peut mettre en place un système politique où tous les citoyens peuvent proposer, débattre et voter toutes les lois et toutes le politiques. Une fois la décision d'une politique prise, un panel sera constitué pour la mettre en oeuvre.  Les membres du panel seront tirés au sort parmi une liste de tous ceux et celles qui ont les connaissances et l'expérience de ces tâches  spécifiques.  Ils seront changés à intervalles réguliers.  Les plaintes concernant l'inefficacité ou la corruption des membres du panel seront immédiatement suivies d'une investigation, et tous les écarts seront punis.

 

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12.     LA DÉMOCRATIE DIRECTE DANS L'ENTREPRISE

L'utilisation de la télévision pour les débats politiques publics pose la question :  qui décide ce qu'on doit montrer à la télévision ?  Ceux qui ont ce pouvoir peuvent manipuler le débat et le vote.  Donc plus généralement : qui décide de la politique de n'importe quelle entreprise, pas seulement la télévision ?

La DD donne une réponse claire : à moins d'une majorité qui en déciderait autrement, ce qui se passe dans l'entreprise doit être décidé par tous ceux qui y travaillent.  Ceci nous amène au problème crucial de la privatisation et de la nationalisation de l'économie.  Mais en fait ce n'est pas une question de privatisation ou de nationalisation des entreprises, mais de leur démocratisation.

Tous les employés doivent avoir le droit de proposer, débattre et voter sur toutes les politiques de l'entreprise.  Le travail en sera d'autant plus enrichissant et efficace.  Si les employés décident de nommer des experts pour les décisions techniques, ils devront être nommés par tirage au sort et seront révocables par les employés à tout instant.

Certains disent qu'il est impossible de mettre en pratique la Démocratie Directe sur les lieux de travail.  Mais la question est  Est-ce souhaitable ? "  Si oui, alors  quand on veut, on peut ".  Lorsque tous les employés décident de toutes les politiques, alors le management et les syndicats deviennent superflus.  Cela réduit considérablement les coûts de production et élimine la plupart des conflits dans l'entreprise, car les gens ne luttent pas contre leurs propres décisions.  La Démocratie Directe des employés dans l'entreprise mettra fin à la misère ressentie par la plupart des employés aujourd'hui, car ils n'ont aucun rôle dans les décisions concernant leur travail et ne peuvent que s'opposer à quelques décisions prises par le management et les syndicats.  L'introduction de la DD sur le lieu de travail rencontrera une résistance farouche de la part du management, des syndicats et des partis politiques.  Ceux qui rencontreront cette résistance devront décider comment y répondre.  Il suffit de dire maintenant : offrons la Démocratie Directe comme une alternative aux méthodes actuelles de production pleines de conflits et de frustrations.

Dans les petites entreprises, les réunions d'employés pour débattre et décider des politiques peuvent se tenir dans une grande salle et les votes à main levée.  Lorsque des centaines ou des milliers d'employés veulent débattre et voter, ils peuvent utiliser des circuits vidéo, des réseaux d'ordinateurs et d'autres méthodes de communication électronique. 
Tous les employés doivent débattre de ces procédures sans aucune interférence extérieure, et la décision de la majorité mise en oeuvre.

L'introduction de la DD au travail rencontrera de nombreux problèmes, mais les problèmes techniques peuvent être résolus grâce à la technologie moderne.  Si le ressentiment fait place à la tolérance et la colère à l'humour, la DD peut être mise en oeuvre sans violence et sans effusion de sang.  Lorsqu'une majorité de gens souhaiteront la mise en place de la DD, ils transformeront non seulement leur travail mais aussi leur vie entière et celle de toute la société.  La DD peut seulement être introduite si la plupart des employés le souhaite.  Sans soutien majoritaire, aucune DD ne peut exister nulle part.